Les articles au jour le jour/jeudi 20 septembre
  • Les générations ben Laden

    Pas si facile de s'y retrouver dans la nébuleuse des « réseaux ben Laden ». Tentative d'explication.
    « Il y a deux catégories de réseaux ben Laden » explique Olivier Roy, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), de retour du Tadjikistan voisin de l'Afghanistan : « les anciens combattant d'Afghanistan des années quatre-vingt [.] et une nouvelle catégorie de jeunes de 25-35 ans souvent nés en Occident, avec une citoyenneté européenne ou américaine, et qui se sont radicalisés ici en Occident et pas du tout en Afghanistan ».
    Pour le chercheur français, en Occident, « un des plus hauts lieux de l'islamisme, c'est le New Jersey (aux Etats-Unis), et en Europe, Bruxelles et Londres ».
  • Un phénomène

  • Selon le Mouvement islamique pour la réforme en Arabie (MIRA) basé à Londres, Oussama ben Laden est « indéniablement un bon combattant fidèle à ses principes et qui sait planifier (des attaques) contre ses ennemis », mais cela ne suffit pas à expliquer « le phénomène ben Laden ». L'ampleur de la haine vouée aux Etats-Unis dans le monde arabo-musulman a contribué à l'émergence de ce « phénomène ».

    Le ressentiment musulman, notamment arabes, envers les Etats-Unis est nourri par soutien que ces derniers accordent à Israël au détriment des Palestiniens, mais aussi à cause de « l'insistance des Etats-Unis à assiéger l'Irak, affamer son peuple et tuer ses enfants » affirme al-Islah, la revue publiée par le MIRA.

    Il est aussi motivé par la présence militaire américaine, dirigée contre l'Irak, dans la péninsule arabique, qui abrite les plus importants lieux saints de l'islam.

    Les musulmans désiraient voir « un caractère hors du commun, avec un passé net et militant (..) et un discours antiaméricain », affirme al-Islah, estimant que ce « profil s'applique parfaitement à ben Laden ».Relations publiques
    Mais tout cela n'aurait pas suffi à bâtir « le phénomène ben Laden », si les Américains n'avaient pas eux-mêmes concédé qu'il leur avait fait mal, en ordonnant en 1998 des frappes contre ses bases en Afghanistan après les attaques contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie.

    Depuis, la classe politique et les médias américain n'ont pas cessé de le présenter comme le premier ennemi des Etats-Unis, agissant comme « une firme de relations publiques » qui a contribué à rallier les musulmans à sa cause.

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