- Les
générations ben Laden
Pas si facile de s'y retrouver dans la nébuleuse des « réseaux
ben Laden ». Tentative d'explication.
« Il y a deux catégories de réseaux ben Laden »
explique Olivier Roy, chercheur au Centre national de la recherche scientifique
(CNRS), de retour du Tadjikistan voisin de l'Afghanistan : « les
anciens combattant d'Afghanistan des années quatre-vingt [.]
et une nouvelle catégorie de jeunes de 25-35 ans souvent nés
en Occident, avec une citoyenneté européenne ou américaine,
et qui se sont radicalisés ici en Occident et pas du tout en
Afghanistan ».
Pour le chercheur français, en Occident, « un des
plus hauts lieux de l'islamisme, c'est le New Jersey (aux Etats-Unis),
et en Europe, Bruxelles et Londres ».
- Un
phénomène
Selon le Mouvement islamique pour la réforme en Arabie (MIRA)
basé à Londres, Oussama ben Laden est « indéniablement
un bon combattant fidèle à ses principes et qui sait planifier
(des attaques) contre ses ennemis », mais cela ne suffit
pas à expliquer « le phénomène ben Laden ».
L'ampleur de la haine vouée aux Etats-Unis dans le monde arabo-musulman
a contribué à l'émergence de ce « phénomène ».
Le ressentiment musulman, notamment arabes, envers les Etats-Unis est
nourri par soutien que ces derniers accordent à Israël au
détriment des Palestiniens, mais aussi à cause de « l'insistance
des Etats-Unis à assiéger l'Irak, affamer son peuple et
tuer ses enfants » affirme al-Islah, la revue publiée
par le MIRA.
Il est aussi motivé par la présence militaire américaine,
dirigée contre l'Irak, dans la péninsule arabique, qui
abrite les plus importants lieux saints de l'islam.
Les musulmans désiraient voir « un caractère
hors du commun, avec un passé net et militant (..) et un discours
antiaméricain », affirme al-Islah, estimant que ce
« profil s'applique parfaitement à ben Laden ».Relations
publiques
Mais tout cela n'aurait pas suffi à bâtir « le
phénomène ben Laden », si les Américains
n'avaient pas eux-mêmes concédé qu'il leur avait
fait mal, en ordonnant en 1998 des frappes contre ses bases en Afghanistan
après les attaques contre les ambassades américaines au
Kenya et en Tanzanie.
Depuis, la classe politique et les médias américain n'ont
pas cessé de le présenter comme le premier ennemi des
Etats-Unis, agissant comme « une firme de relations publiques »
qui a contribué à rallier les musulmans à sa cause.
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