Les articles au jour le jour/mardi 18 septembre
  • La grande peur du peuple afghan

  • L'étau se resserre autour des taliban. Ils doivent livrer ben Laden, ou subir les représailles musclées promises par les Américains. Une intervention qui ne serait pas sans risques.

    Les taliban ne craignent que la colère de Dieu, mais les Afghans appréhendent les représailles américaines. L'étau s'est resserré hier autour des taliban, sommés d'extrader leur « hôte » Oussama ben Laden, tandis que des milliers de personnes fuyaient les grandes villes d'Afghanistan par crainte d'une opération militaire massive.

    Des mouvements de population ont été signalés notamment dans les régions de Kaboul, Kandahar dans le sud et Jalalabad, à l'est.

    Dans la capitale afghane, de nombreux habitants, en proie à un sentiment d'abandon, étaient avides de la moindre information au moment où une délégation pakistanaise de haut niveau était reçue à Kandahar, ville qui est le véritable cœur du pouvoir des taliban, et où réside leur chef suprême, le mollah Mohammad Omar, « commandeur des croyants ».

    La délégation pakistanaise, conduite par le chef des puissants services de renseignement, le général Mahmood Ahmad, revenu il y a deux jours de Washington, a tenté de persuader l'exécutif des taliban d'extrader ben Laden, principal suspect dans les attentats du 11 septembre.
  • Mouvements de chars

  • Selon Radio Charia, contrôlée par les taliban, le mollah Omar a indiqué à la délégation qu'une assemblée d'oulemas (érudits de l'islam) de toutes les provinces d'Afghanistan avait été convoquée pour aujourd'hui. La « fatwa » (décret religieux) de ces oulémas sera pleinement appliquée, ont insisté les taliban.

    « Nous sommes confiants à 60 % que les choses seront normales », a affirmé un porte-parole des taliban, le mollah Abdul Hai Mutmaeen, à l'issue des entretiens avec la délégation pakistanaise qu'il a qualifiés de « positifs ».

    Le mollah Mutmaeen a affirmé que la question de l'extradition de ben Laden n'avait pas été discutée en termes clairs et précis « mais nous avons abordé d'autres aspects du sujet ».

    Les taliban ont, par ailleurs, annoncé hier la fermeture de l'espace aérien afghan à tous les vols internationaux. « Pour des raisons de sécurité, du fait d'une possible attaque américaine, l'espace est fermé à tous les vols », a déclaré le ministre de l'Aviation civile, Akhtar Mohammad Mansoor.

    Le Pakistan a officiellement démenti hier des informations faisant état de mouvements de troupes et de missiles de part et d'autre de la frontière avec l'Afghanistan.

    Mais, des habitants de Jalalabad dans l'est du pays ont signalé des mouvements inhabituels de chars et de véhicules militaires sur les routes, « ce qui pourrait signifier que les taliban se préparent à la guerre », a indiqué un étudiant, dans un pays où les armes ne se jamais tues depuis l'invasion soviétique, en 1979.

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