Les articles au jour le jour/samedi 15 - dimanche 16 septembre
  • Une prière pour la paix à la cathédrale de Rouen
  • Une messe a réuni hier soir un millier de personnes à Rouen. Dans les têtes de tous résonnent encore les images de la tragédie américaine.
  • «Nous ne sommes pas là pour distinguer entre les justes et les méchants. » Plus d'un millier de personnes ont assisté, hier soir à la cathédrale Notre-Dame de Rouen, à une célébration « de prière pour la paix ». Des anonymes, pour la plupart, venus rendre hommage aux victimes des attentats de mardi dernier aux Etats-Unis.

    « J'ai des amis qui vivent à New York », confie Véronique, une jeune Rouennaise, un bouquet de chrysanthèmes à la main. « L'un d'eux m'a téléphoné hier pour me dire que tout allait bien. Quant aux autres, je n'ai aucune nouvelle. Je suis inquiète, c'est pour ça que je suis là », poursuit-elle avec émotion.

    Aux premiers rangs, de nombreuses personnalités, politiques et religieuses, sont également présentes : Bruno Fontenaist, le préfet de région ; Pierre Albertini, le maire de Rouen ; Charles Revet, le président du conseil général ; le député Patrick Herr ; et Roland Gerbi, le président de la communauté juive de Rouen. « Je suis ici, car c'est ma place. Je viens dans tous les endroits où l'on célèbre la paix », justifie ce dernier.
  • « Changer notre cœur »

  • L'archevêque de Rouen, Monseigneur Joseph Duval, préside l'office. Une messe traduite, pour l'occasion, en anglais. « L'inimaginable est arrivé : des innocents par milliers ont été pris pour cibles. Est-il possible de mépriser à ce point la vie des hommes ? », interroge-t-il.

    Chacun semble revoir les images choc que les télévisions relaient sans relâche depuis mardi. Chaque mot prononcé par l'homme de foi tombe comme un couperet, rappelant ces scènes de panique, le désespoir des hommes et des femmes prisonniers des tours du World Trade Center.

    « Est-il possible que le cœur des hommes soit à ce point perverti, capable d'engendrer une telle violence ? », continue Mgr Duval. « Demandons à Dieu de changer notre cœur. »

    En signe de paix, toutes les personnes présentes ont, à l'issue de l'office, planté un chrysanthème dans un bac disposé aux pieds des drapeaux français et américains, place de la cathédrale. Un geste symbolique qui, espérons-le, donnera un parterre universel de paix.

    J. S.

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