Les
secouristes espèrent encore trouver des survivants sous les
milliers de tonnes de décombres des tours. Un chantier où
tout est tordu, calciné.
Sous
des trombes d'eau hier comme sous la canicule la veille, les sauveteurs
s'acharnaient à creuser des tunnels dans le monstrueux tas de
décombres du World Trade Center, à la recherche de rescapés.
Les violents orages qui ont éclaté sur la ville en deuil
n'ont pas ralenti les recherches et s'ils rendent le terrain plus glissant,
donc plus dangereux, ils ont débarrassé pompiers, policiers
et volontaires d'un de leurs principaux ennemis: la poussière.La
pluie réduit la poussière
«C'est bien, cela fait tout retomber, cela colle la poussière
au sol», se réjouit Rick Monticello, un pompier new-yorkais.
«C'est mieux. Cela rend les choses plus lourdes, les outils plus
lourds, mais il est plus facile de respirer». «La pluie
réduit la poussière, c'est important parce qu'elle est
très pénible. Elle refroidit aussi les décombres,
réduit la chaleur due aux feux qui couvent encore sous les bâtiments»,
explique-t-il.
Depuis les premières heures, les sauveteurs évoluaient
dans un épais nuage de poussière et de fumée âcre
qui leur brûlaient les yeux et irritait la gorge au point de nécessiter
des hospitalisations.
Sur l'incroyable chantier, les opérations, erratiques et désordonnées
au début, s'organisent. Aux commandes, les officiers du Fire
Department de New York, qui désignent les zones à fouiller
et envoient en premières lignes leurs spécialistes, avec
chiens, dispositif d'écoutes ou caméras vidéo miniature.
«C'est immense»
Derrière eux des cohortes de pompiers, policiers, soldats, volontaires
de toutes sortes organisent des chaînes humaines qui évacuent,
à la main ou avec des seaux, les décombres vers l'arrière.
«Il y a des gars partout», raconte Rick Monticello. «C'est
immense. Autour de moi il y avait dix chaînes, mais il y en a
des tas d'autres. Les métallos découpent les pièces
d'acier au chalumeau, on évacue tout ce que l'on peut à
la main. Les plus grosses pièces sont enlevées par les
grues».
Dans la nuit de jeudi à vendredi, la découverte de deux
survivants blessés a ranimé les enthousiasmes. Tony Hortiz,
un volontaire venu du New Jersey voisin, était là quand
ils ont été dégagés de leur gangue de gravas.
Ils étaient selon lui sur le haut du tas de décombres,
ensevelis sous une couche peu épaisse, alimentant l'espoir que
d'autres personnes, parmi les quelque 4.700 portées disparues
dans l'effondrement des tours, puissent être encore vivantes.
La pluie pourrait aussi, estiment les sauveteurs, fournir de l'eau à
boire à des survivants coincés et blessés, comme
ce fût le cas dans de nombreux tremblements de terre de par le
monde.
L'équipe de Tony Hortiz est parvenue dans la nuit, raconte-t-il,
à identifier plusieurs sièges de l'un des deux avions
que les terroristes ont précipité sur les tours. Visions
d'enfer, scènes de cauchemar: «Tout est tordu, emmêlé,
calciné. Il n'y a plus rien d'intact. Des morceaux de corps humains,
des corps coupés, pas un seul intact».