Les articles au jour le jour/vendredi 21 septembre
  • L'Europe s'arme contre la terreur


  • Les pays de l'Union ont décidé hier de renforcer leur arsenal antiterroriste, en créant un mandat d'arrêt européen et en autorisant le rétablissement des frontières intérieures.

    Les ministres européens de la Justice et de l'Intérieur ont approuvé hier un ensemble de mesures pour améliorer de manière concrète la lutte antiterroriste, en s'engageant en particulier à mettre en œuvre au plus vite un « mandat d'arrêt européen ».

    Lors d'une réunion extraordinaire à Bruxelles, dix jours après les attentats aux Etats-Unis, les ministres européens sont également convenus de trouver un accord politique sur une définition commune des actes terroristes, et ils ont en outre adopté un train de mesures opérationnelles visant à renforcer l'efficacité de l'action de l'UE face à la menace terroriste et la coopération avec les Etats-Unis.

    Ils ont notamment décidé de constituer au sein d'Europol, l'organisme européen de coopération policière, une équipe de spécialistes antiterroristes chargés de recueillir et analyser toutes les informations utiles.
  • Définition commune du terrorisme

  • La réunion ministérielle a montré la « détermination » de l'UE « à prendre sans délai les mesures nécessaires destinées à assurer aux citoyens européens, le degré de sécurité le plus élevé, à prévenir les attentats et à combattre le plus efficacement possible le terrorisme », a assuré le ministre belge de l'Intérieur Antoine Duquesne, dont le pays préside actuellement l'UE.

    Le projet de mandat d'arrêt européen, fondé sur la reconnaissance mutuelle entre les autorités judiciaires des Etats membres, sera appelé à se substituer aux procédures actuelles d'extradition.

    Mais sa mise en œuvre risque de se heurter à des difficultés dans plusieurs pays, notamment de nature constitutionnelle.

    La ministre française de la Justice Marylise Lebranchu a noté que le projet, auquel Paris apporte « tout son soutien », nécessitait encore « un travail technique ».

    L'autre projet de la Commission, concernant une définition du terrorisme et une échelle commune de sanctions, a été appuyé par les Quinze, alors qu'une incrimination spécifique de « terrorisme » n'existe encore que dans six pays.
    Les ministres européens ont parallèlement adopté un paquet de mesures pour renforcer la coopération policière et judiciaire.

    Outre la création d'une unité spéciale antiterroriste au sein d'Europol, ils ont mis l'accent sur le renforcement de la surveillance des frontières et prévu la possibilité d'un rétablissement coordonné des contrôles aux frontières intérieures - supprimés dans la convention Schengen - en cas de « menace terroriste d'une gravité exceptionnelle ».

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