- L'Europe
s'arme contre la terreur

Les pays de l'Union ont décidé hier de renforcer leur
arsenal antiterroriste, en créant un mandat d'arrêt européen
et en autorisant le rétablissement des frontières intérieures.
Les ministres européens de la Justice et de l'Intérieur
ont approuvé hier un ensemble de mesures pour améliorer
de manière concrète la lutte antiterroriste, en s'engageant
en particulier à mettre en uvre au plus vite un « mandat
d'arrêt européen ».
Lors d'une réunion extraordinaire à Bruxelles, dix jours
après les attentats aux Etats-Unis, les ministres européens
sont également convenus de trouver un accord politique sur une
définition commune des actes terroristes, et ils ont en outre
adopté un train de mesures opérationnelles visant à
renforcer l'efficacité de l'action de l'UE face à la menace
terroriste et la coopération avec les Etats-Unis.
Ils ont notamment décidé de constituer au sein d'Europol,
l'organisme européen de coopération policière,
une équipe de spécialistes antiterroristes chargés
de recueillir et analyser toutes les informations utiles.
- Définition
commune du terrorisme
La réunion ministérielle a montré la « détermination »
de l'UE « à prendre sans délai les mesures
nécessaires destinées à assurer aux citoyens européens,
le degré de sécurité le plus élevé,
à prévenir les attentats et à combattre le plus
efficacement possible le terrorisme », a assuré le
ministre belge de l'Intérieur Antoine Duquesne, dont le pays
préside actuellement l'UE.
Le projet de mandat d'arrêt européen, fondé sur
la reconnaissance mutuelle entre les autorités judiciaires des
Etats membres, sera appelé à se substituer aux procédures
actuelles d'extradition.
Mais sa mise en uvre risque de se heurter à des difficultés
dans plusieurs pays, notamment de nature constitutionnelle.
La ministre française de la Justice Marylise Lebranchu a noté
que le projet, auquel Paris apporte « tout son soutien »,
nécessitait encore « un travail technique ».
L'autre projet de la Commission, concernant une définition du
terrorisme et une échelle commune de sanctions, a été
appuyé par les Quinze, alors qu'une incrimination spécifique
de « terrorisme » n'existe encore que dans six
pays.
Les ministres européens ont parallèlement adopté
un paquet de mesures pour renforcer la coopération policière
et judiciaire.
Outre la création d'une unité spéciale antiterroriste
au sein d'Europol, ils ont mis l'accent sur le renforcement de la surveillance
des frontières et prévu la possibilité d'un rétablissement
coordonné des contrôles aux frontières intérieures
- supprimés dans la convention Schengen - en cas de
« menace terroriste d'une gravité exceptionnelle ».
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