Les articles au jour le jour/vendredi 21 septembre
  • Pas de pitié pour les avions détournés


  • Tous les pilotes de la force aérienne de combat savent désormais qu'ils peuvent avoir un jour à tirer sur un avion civil commercial détourné et, affirme leur chef, s'il le faut, ils le feront.

    Le général Hervé Longuet, commandant la force aérienne de combat, interrogé hier sur la base aérienne de Cazaux avant une démonstration, assure : « Si l'ordre de tirer était donné, il y aurait une certaine émotion de la part du pilote mais il tirerait ».

    C'est ce que confirment les pilotes participant à cette démonstration annuelle de leurs avions, mais qui ont demandé à ne pas être identifiés pour s'exprimer.

    « Depuis le 11 septembre, je ne connais pas beaucoup de pilotes qui hésiteraient », confie le capitaine R. sous les ailes de son Mirage 2005, l'un de ceux appartenant à la patrouille d'alerte renforcée mise en place depuis huit jours.
    Pour tous, officiers généraux, officiers supérieurs, pilotes en escadrille, il y a un avant et un après ce mardi où des avions civils commerciaux se sont volontairement écrasés sur les tours du World Trade Center et sur le Pentagone.
  • La main qui frappe

  • « Avant, on ne voulait pas penser qu'un avion puisse être transformé en bombe volante, résume le général Longuet. Maintenant, on sait que c'est possible : le terrorisme n'est pas seulement l'usage de la violence, c'est devenu quelque chose d'autre, quelque chose de différent que nous devons apprendre à gérer ».

    « L'ordre de tirer sur un avion civil détourné, fait remarquer un pilote de chasse, ne viendrait pas à l'improviste, mais à l'issue d'une procédure précise et détaillée à laquelle le pilote est associé ».

    « Une fois la verrière refermée, le pilote, précise un de ses camarades, n'est plus que l'ultime maillon d'une chaîne, il est devenu à la fois les yeux qui rapportent et la main qui frappe ».

    L'ordre ultime serait donné par la plus haute autorité politique et transmis selon une procédure assurant son authentification, mais il ne viendrait que comme étape ultime, après que l'appareil menaçant aurait refusé d'obéir à une série de signes internationalement prévus.

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