Au moins un Français parmi les disparus des attentats du
World Trade Center
Au moins un Français serait
parmi les disparus de l'attentat du World Trade Center, a déclaré
un de ses amis, Joel Hagby, venu donner des informations à
la police pour son éventuelle identification. Ce Français,
Thierry Saada, était employé par la société
Kantor Fitzgerald, selon le consultat de France à New York,
qui n'a pas été en mesure de confirmer sa disparition,
précisant que son épouse était actuellement injoignable.
Le disparu «portait un pantalon noir et un polo rose»
et «il travaillait au 104ème étage d'une des tours»
a précisé M. Hagby, venu apporter le maximum d'informations
aux enquêteurs pour permettre son idenfication.
La société Kantor Fitzgerald n'a pas de nouvelles de
M. Saada depuis le jour de l'attentat, a précisé le
consulat.
Huit
humanitaires retenus en Afghanistan
Les huit travailleurs humanitaires
étrangers jugés pour propagation du christianisme sont
restés en Afghanistan d'où la plupart de leurs collègues
ont été évacués jeudi. Les trois diplomates,
venus assister les quatre Allemands, deux Américaines et deux
Australiens ont eux aussi quitté l'Afghanistan jeudi matin,
alors que pèse la menace de frappes américaines contre
ce pays qui héberge Oussama ben Laden.
«La
France à côté des Etats-Unis»
Le président Jacques Chirac
a déclaré jeudi, sur CNN, que la France sera «à
côté des Etats-Unis» quand «il s'agira de
sanctionner cette folie meurtrière» qu'ont représenté
les attentats contre New-York et Washington.
«La France sera totalement solidaire» des Etats-Unis auxquels
il revient «de déterminer d'où vient l'attaque»
et de «prendre les dispositions qui s'imposent pour éradiquer
le mal», a dit Jacques Chirac, interrogé sur la chaîne
américaine avant sa visite mardi à Washington, où
il doit s'entretenir avec son homologue américain George W.
Bush.
«Quels sont les moyens que les Américains proposeront?
Il ne m'appartient pas d'en préjuger. C'est à eux de
le déterminer», a-t-il affirmé en insistant sur
la solidarité de la France pour «éradiquer le
terrorisme», lutter «contre cette maladie perverse, ce
vice».
«Naturellement, il convient d'examiner la situation, il faut
chercher les coupables», a-t-il ajouté en soulignant
«l'effort considérable et très efficace»
des autorités américaines pour déterminer «qui
est à l'origine de cette folie meurtrière». «Et
quand il s'agira ensuite de sanctionner cette folie meurtrière,
oui, la France sera à côté des Etats-Unis»,
a-t-il dit, confirmant que Paris serait solidaire de ses partenaires
de l'OTAN «pour la mise en oeuvre de l'article 5» du traité
de l'Alliance atlantique. Exprimant «une infinie tristesse,
une immense émotion», Jacques Chirac a mis en avant l'unanimité
des Français dans la compassion. «Je n'ai pas le souvenir
d'une telle unanimité dans la solidarité», a-t-il
dit.
Lutte
héroïque à bord du vol 93 d'United Airlines
Les derniers et tragiques moments des 38 passagers et 7 membres d'équipage
étaient mieux connus jeudi grâce aux conversations téléphoniques
de passagers avec des proches et à l'enregistrement des contacts
entre l'appareil et les contrôleurs aériens. A 08h01,
le Boeing s'envole de Newark, un des trois aéroports de New
York situé dans le New Jersey, pour San Francisco, en Californie,
les réservoirs pleins pour un vol de plusieurs heures.
Mais, environ 90 minutes plus tard, les contrôleurs constatent
que l'avion effectue un demi-tour et prend la direction de Washington.
Ils entendent alors quelqu'un crier dans le cockpit: «sortez
d'ici», et un peu plus tard, après une échauffourée,
la même injonction. Le micro s'éteint puis est rallumé.
La télévision CNN rapporte qu'on entend à ce
moment quelqu'un dire, dans un mauvais anglais, aux passagers: «Ici
votre commandant, il y a une bombe à bord. Restez à
vos sièges. Il y a une bombe à bord. Soyez calmes. Nous
allons obéir à leurs demandes, nous retournons à
l'aéroport». C'est à ce moment qu'un des passagers,
Jeremy Glick, 31 ans, appelle son épouse Lyzbeth au téléphone,
a raconté son beau-frère Douglas Hurwitt au quotidien
Washington Post. Il lui dit que l'avion est détourné
par trois hommes de type moyen-oriental, armés de couteaux
et portant une boîte rouge contenant soi-disant une bombe.
Les pirates, un bandeau rouge sur le front, rassemblent équipage
et passagers au fond de l'avion. Quand sa femme lui annonce qu'un
avion suicide s'est encastré dans une tour du World Trade Center,
Jeremy Glick aurait alors décidé d'agir avec d'autres
passagers. «Ils allaient empêcher (les pirates) de faire
ce qu'ils projetaient» même «s'ils savaient que
les arrêter signifierait la fin de leurs vies», a affirmé
M. Hurwitt.
Un homme d'affaires californien de 38 ans, Thomas Burnett, donne quatre
coups de téléphone à sa femme Deena. Après
que les pirates eurent tué un passager, il lui dit qu'avec
d'autres ils vont «faire quelque chose» pour arrêter
le commando suicide.
Lyzbeth Glick, qui parle déjà depuis dix minutes avec
son mari, demande à son père d'appeler la police fédérale
(FBI). Les agents enregistrent pendant 20 minutes les échanges,
qui se terminent «avec des bruits divers et des cris».
Le Boeing effectue alors plusieurs manoeuvres surprenantes et, à
10h03, les radars perdent sa trace. Il vient de plonger et s'est écrasé
dans un champ, dans l'ouest de la Pennsylvanie. Selon les autorités
américaines, les terroristes avaient probablement l'intention
de projeter l'appareil contre la Maison Blanche.
Perquisitions
en Allemagne
Deux des auteurs présumés
des attentats qui ont vécu à Hambourg, dans le nord
de l'Allemagne, jusqu'en février dernier, viendraient des Emirats
arabes unis. Sur la base d'informations fournies par le FBI, la police
fédérale américaine, les enquêteurs allemands
ont perquisitionné mercredi trois appartements du grand port
hanséatique. Les deux suspects sont toujours inscrits sur les
registres du port hanséatique, a ajouté le ministre
de la ville-Etat. Selon ces registres, ils détiennent un passeport
des Emirats arabes unis.
Les
humanitaires quittent l'Afghanistan
L'ensemble de la communauté
humanitaire continuait jeudi de fermer ses bureaux d'Afghanistan et
d'en évacuer son personnel expatrié, dans un contexte
de crainte de riposte américaine sur le pays «hôte»
d'Oussama ben Laden.
Une trentaine d'expatriés ont quitté Kaboul tôt
dans la matinée, par air, alors qu'une noria de vols spéciaux
a été mise en place entre Kaboul et Islamabad, «avec
la pleine coopération des autorités afghanes»,
selon les Nations unies.
Le premier vol des Nations unies à partir jeudi a emmené
pêle-mêle du personnel du Programme alimentaire mondial,
de Hope International, de Action contre la faim, de Habitat, et trois
diplomates étrangers. L'exode des expatriés devrait
être terminé ce jeudi soir. Par ailleurs, l'Allemagne
a annoncé mercredi que les 23 Allemands présents en
Afghanistan avaient été priés de quitter le pays
pour raisons de sécurité.
Un
appareil de photos oublié sauve Ian Thorpe
Le nageur australien Ian Thorpe
est arrivé devant le World Trade Center où il devait
monter au sommet d'une tour mais ayant oublié son appareil
photo il est retourné à l'hôtel pour le chercher.
«A 15 minutes près, il se serait trouvé là-bas»
a expliqué son manager. Le champion australien, âgé
de 18 ans, de retour dans sa chambre et en attendant la femme de son
manager, a alors allumé la télévision.
«Il a vu les avions s'écraser sur les tours et a été
extrêmement choqué», a expliqué Turner.
«Quelques minutes de décalage et qui sait ce qui aurait
pu se passer. Comme la plupart des nageurs, c'est un lève-tôt.
Il a marché devant le World Trade Center et a eu envie de faire
des photos», a expliqué Turner. Thorpe était retenu
au téléphone par son co-manager David Flaskas au moment
où les attaques aériennes ont commencé. Le nageur,
qui a décidé de donner son sang avec des milliers d'autres
bénévoles, était venu à New York pour
une présentation de vêtements de Giorgio Armani, défilé
qui a été annulé. Il devait ensuite se rendre
au Japon mais pourrait bien rentrer directement en Australie, a conclu
Turner.
Un
Franco-Algérien intrigue la police américaine
Un Franco-Algérien de 31
ans, parti prendre des leçons de pilotage à Boston,
aux Etats-Unis, intrigue la police américaine qui vient de
demander à la France des renseignements sur son passé
dans le cadre de l'enquête sur les attentats de New York et
Washington.Cet homme, qui pourrait «oeuvrer pour le Jihad»,
un mouvement islamiste radical, avait pris des cours de pilotage au
mois d'août dernier à Boston. Ses questions ont intrigué
les instructeurs qui s'en sont ouverts à la police. Celle-ci
a découvert que l'«élève» était
en possession d'un faux passeport et l'a donc arrêté,
toujours selon la même source. Selon des sources bien informées,
l'homme est fiché au FPR (fichier des personnes recherchées),
au titre des «mis en attention» car il est «susceptible
d'oeuvrer pour le Jihad». Dans le jargon policier, être
«mis en attention» signifie que si des forces de l'ordre
tombent sur cet homme, elles ont la consigne de ne pas l'interpeller
mais de signaler sa présence. Né en France, l'homme
est domicilié au pays basque français. Il n'aurait rien
de particulier à son casier judiciaire.
Vols
d'Air France vers l'Amérique du Nord et Israël annulés
Les vols
d'Air France vers l'Amérique du Nord et Israël restent
annulés jusqu'à 16h00 jeudi, y compris les vols Air
France opérés par les compagnies américaines
Delta Air Lines et Continental Air Lines.
Les Etats-Unis et le Canada avaient annoncé la fermeture de
tous leurs aéroports après les attentats terroristes
survenus mardi. Ils ont autorisé une reprise limitée
des vols domestiques et des vols détournés mercredi
soir.
Un numéro vert est à la disposition des passagers d'Air
France désirant s'informer sur les liaisons vers les Etats-Unis,
le Canada et Israël, au 0800.800.812, a rappelé la compagnie
dans un communiqué.
Les informations sur ces vols sont aussi disponibles sur le site internet
www.airfrance.fr, sous la rubrique «vols en cours».