Les articles au jour le jour/jeudi 13 septembre


Au moins un Français parmi les disparus des attentats du World Trade Center
Au moins un Français serait parmi les disparus de l'attentat du World Trade Center, a déclaré un de ses amis, Joel Hagby, venu donner des informations à la police pour son éventuelle identification. Ce Français, Thierry Saada, était employé par la société Kantor Fitzgerald, selon le consultat de France à New York, qui n'a pas été en mesure de confirmer sa disparition, précisant que son épouse était actuellement injoignable.
Le disparu «portait un pantalon noir et un polo rose» et «il travaillait au 104ème étage d'une des tours» a précisé M. Hagby, venu apporter le maximum d'informations aux enquêteurs pour permettre son idenfication.
La société Kantor Fitzgerald n'a pas de nouvelles de M. Saada depuis le jour de l'attentat, a précisé le consulat.


Huit humanitaires retenus en Afghanistan
Les huit travailleurs humanitaires étrangers jugés pour propagation du christianisme sont restés en Afghanistan d'où la plupart de leurs collègues ont été évacués jeudi. Les trois diplomates, venus assister les quatre Allemands, deux Américaines et deux Australiens ont eux aussi quitté l'Afghanistan jeudi matin, alors que pèse la menace de frappes américaines contre ce pays qui héberge Oussama ben Laden.


«La France à côté des Etats-Unis»
Le président Jacques Chirac a déclaré jeudi, sur CNN, que la France sera «à côté des Etats-Unis» quand «il s'agira de sanctionner cette folie meurtrière» qu'ont représenté les attentats contre New-York et Washington.
«La France sera totalement solidaire» des Etats-Unis auxquels il revient «de déterminer d'où vient l'attaque» et de «prendre les dispositions qui s'imposent pour éradiquer le mal», a dit Jacques Chirac, interrogé sur la chaîne américaine avant sa visite mardi à Washington, où il doit s'entretenir avec son homologue américain George W. Bush.
«Quels sont les moyens que les Américains proposeront? Il ne m'appartient pas d'en préjuger. C'est à eux de le déterminer», a-t-il affirmé en insistant sur la solidarité de la France pour «éradiquer le terrorisme», lutter «contre cette maladie perverse, ce vice».
«Naturellement, il convient d'examiner la situation, il faut chercher les coupables», a-t-il ajouté en soulignant «l'effort considérable et très efficace» des autorités américaines pour déterminer «qui est à l'origine de cette folie meurtrière». «Et quand il s'agira ensuite de sanctionner cette folie meurtrière, oui, la France sera à côté des Etats-Unis», a-t-il dit, confirmant que Paris serait solidaire de ses partenaires de l'OTAN «pour la mise en oeuvre de l'article 5» du traité de l'Alliance atlantique. Exprimant «une infinie tristesse, une immense émotion», Jacques Chirac a mis en avant l'unanimité des Français dans la compassion. «Je n'ai pas le souvenir d'une telle unanimité dans la solidarité», a-t-il dit.


Lutte héroïque à bord du vol 93 d'United Airlines
Les derniers et tragiques moments des 38 passagers et 7 membres d'équipage étaient mieux connus jeudi grâce aux conversations téléphoniques de passagers avec des proches et à l'enregistrement des contacts entre l'appareil et les contrôleurs aériens. A 08h01, le Boeing s'envole de Newark, un des trois aéroports de New York situé dans le New Jersey, pour San Francisco, en Californie, les réservoirs pleins pour un vol de plusieurs heures.
Mais, environ 90 minutes plus tard, les contrôleurs constatent que l'avion effectue un demi-tour et prend la direction de Washington. Ils entendent alors quelqu'un crier dans le cockpit: «sortez d'ici», et un peu plus tard, après une échauffourée, la même injonction. Le micro s'éteint puis est rallumé.
La télévision CNN rapporte qu'on entend à ce moment quelqu'un dire, dans un mauvais anglais, aux passagers: «Ici votre commandant, il y a une bombe à bord. Restez à vos sièges. Il y a une bombe à bord. Soyez calmes. Nous allons obéir à leurs demandes, nous retournons à l'aéroport». C'est à ce moment qu'un des passagers, Jeremy Glick, 31 ans, appelle son épouse Lyzbeth au téléphone, a raconté son beau-frère Douglas Hurwitt au quotidien Washington Post. Il lui dit que l'avion est détourné par trois hommes de type moyen-oriental, armés de couteaux et portant une boîte rouge contenant soi-disant une bombe.
Les pirates, un bandeau rouge sur le front, rassemblent équipage et passagers au fond de l'avion. Quand sa femme lui annonce qu'un avion suicide s'est encastré dans une tour du World Trade Center, Jeremy Glick aurait alors décidé d'agir avec d'autres passagers. «Ils allaient empêcher (les pirates) de faire ce qu'ils projetaient» même «s'ils savaient que les arrêter signifierait la fin de leurs vies», a affirmé M. Hurwitt.
Un homme d'affaires californien de 38 ans, Thomas Burnett, donne quatre coups de téléphone à sa femme Deena. Après que les pirates eurent tué un passager, il lui dit qu'avec d'autres ils vont «faire quelque chose» pour arrêter le commando suicide.
Lyzbeth Glick, qui parle déjà depuis dix minutes avec son mari, demande à son père d'appeler la police fédérale (FBI). Les agents enregistrent pendant 20 minutes les échanges, qui se terminent «avec des bruits divers et des cris».
Le Boeing effectue alors plusieurs manoeuvres surprenantes et, à 10h03, les radars perdent sa trace. Il vient de plonger et s'est écrasé dans un champ, dans l'ouest de la Pennsylvanie. Selon les autorités américaines, les terroristes avaient probablement l'intention de projeter l'appareil contre la Maison Blanche.


Perquisitions en Allemagne
Deux des auteurs présumés des attentats qui ont vécu à Hambourg, dans le nord de l'Allemagne, jusqu'en février dernier, viendraient des Emirats arabes unis. Sur la base d'informations fournies par le FBI, la police fédérale américaine, les enquêteurs allemands ont perquisitionné mercredi trois appartements du grand port hanséatique. Les deux suspects sont toujours inscrits sur les registres du port hanséatique, a ajouté le ministre de la ville-Etat. Selon ces registres, ils détiennent un passeport des Emirats arabes unis.


Les humanitaires quittent l'Afghanistan
L'ensemble de la communauté humanitaire continuait jeudi de fermer ses bureaux d'Afghanistan et d'en évacuer son personnel expatrié, dans un contexte de crainte de riposte américaine sur le pays «hôte» d'Oussama ben Laden.
Une trentaine d'expatriés ont quitté Kaboul tôt dans la matinée, par air, alors qu'une noria de vols spéciaux a été mise en place entre Kaboul et Islamabad, «avec la pleine coopération des autorités afghanes», selon les Nations unies.
Le premier vol des Nations unies à partir jeudi a emmené pêle-mêle du personnel du Programme alimentaire mondial, de Hope International, de Action contre la faim, de Habitat, et trois diplomates étrangers. L'exode des expatriés devrait être terminé ce jeudi soir. Par ailleurs, l'Allemagne a annoncé mercredi que les 23 Allemands présents en Afghanistan avaient été priés de quitter le pays pour raisons de sécurité.


Un appareil de photos oublié sauve Ian Thorpe
Le nageur australien Ian Thorpe est arrivé devant le World Trade Center où il devait monter au sommet d'une tour mais ayant oublié son appareil photo il est retourné à l'hôtel pour le chercher. «A 15 minutes près, il se serait trouvé là-bas» a expliqué son manager. Le champion australien, âgé de 18 ans, de retour dans sa chambre et en attendant la femme de son manager, a alors allumé la télévision.
«Il a vu les avions s'écraser sur les tours et a été extrêmement choqué», a expliqué Turner. «Quelques minutes de décalage et qui sait ce qui aurait pu se passer. Comme la plupart des nageurs, c'est un lève-tôt. Il a marché devant le World Trade Center et a eu envie de faire des photos», a expliqué Turner. Thorpe était retenu au téléphone par son co-manager David Flaskas au moment où les attaques aériennes ont commencé. Le nageur, qui a décidé de donner son sang avec des milliers d'autres bénévoles, était venu à New York pour une présentation de vêtements de Giorgio Armani, défilé qui a été annulé. Il devait ensuite se rendre au Japon mais pourrait bien rentrer directement en Australie, a conclu Turner.


Un Franco-Algérien intrigue la police américaine
Un Franco-Algérien de 31 ans, parti prendre des leçons de pilotage à Boston, aux Etats-Unis, intrigue la police américaine qui vient de demander à la France des renseignements sur son passé dans le cadre de l'enquête sur les attentats de New York et Washington.Cet homme, qui pourrait «oeuvrer pour le Jihad», un mouvement islamiste radical, avait pris des cours de pilotage au mois d'août dernier à Boston. Ses questions ont intrigué les instructeurs qui s'en sont ouverts à la police. Celle-ci a découvert que l'«élève» était en possession d'un faux passeport et l'a donc arrêté, toujours selon la même source. Selon des sources bien informées, l'homme est fiché au FPR (fichier des personnes recherchées), au titre des «mis en attention» car il est «susceptible d'oeuvrer pour le Jihad». Dans le jargon policier, être «mis en attention» signifie que si des forces de l'ordre tombent sur cet homme, elles ont la consigne de ne pas l'interpeller mais de signaler sa présence. Né en France, l'homme est domicilié au pays basque français. Il n'aurait rien de particulier à son casier judiciaire.


Vols d'Air France vers l'Amérique du Nord et Israël annulés
Les vols d'Air France vers l'Amérique du Nord et Israël restent annulés jusqu'à 16h00 jeudi, y compris les vols Air France opérés par les compagnies américaines Delta Air Lines et Continental Air Lines.
Les Etats-Unis et le Canada avaient annoncé la fermeture de tous leurs aéroports après les attentats terroristes survenus mardi. Ils ont autorisé une reprise limitée des vols domestiques et des vols détournés mercredi soir.
Un numéro vert est à la disposition des passagers d'Air France désirant s'informer sur les liaisons vers les Etats-Unis, le Canada et Israël, au 0800.800.812, a rappelé la compagnie dans un communiqué.
Les informations sur ces vols sont aussi disponibles sur le site internet www.airfrance.fr, sous la rubrique «vols en cours»
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