|

-
Le détournement simultané de quatre avions de passagers
mardi, dont trois ont été utilisés par des terroristes
comme des bombes volantes contre le World Trade Center et le Pentagone,
a révélé l'inefficacité du système
de sécurité du transport aérien aux Etats-Unis.
Les quatre commandos suicide ont été en mesure de franchir
tous les contrôles - identité, détecteurs de métal
et d'explosifs - dans trois des plus grands aéroports américains
et d'embarquer à bord apparemment des armes blanches.
-
Complicité
-
-
Barbara
Beyer, une experte du transport aérien, spécule sur
la probabilité d'une complicité d'employés de
sociétés de fourniture de services aux compagnies aériennes,
qui aurait permis d'embarquer des armes dans les appareils détournés.
Le laxisme du système de contrôle des passagers, des
personnels des aéroports et des sociétés de services
aux compagnies aériennes a fait l'objet de plusieurs études
d'experts depuis la guerre du Golfe en 1991, suivies d'un renforcement
momentané de la sécurité.
Mais depuis ces dernières années, le relâchement
de la sécurité a conduit le département des Transports
et le General Accounting Office (GAO), une agence du Congrès,
à tirer la sonnette d'alarme.
Dans des rapports publiés l'an dernier, ils reprochaient à
plusieurs aéroports de laisser des personnes non autorisées
pénétrer dans des zones interdites au public. Ils accusaient
également les autorités aéroportuaires de ne
pas faire des enquêtes suffisamment sérieuses sur le
passé des nouveaux employés.
-
-
Rotation
du personnel
-
-
Le
département des Transports déplorait aussi le fait que
les aéroports sous-utilisent les détecteurs d'explosifs,
des machines à rayons-X d'un coût d'un million de dollars
chacune, installées dans 30 aéroports américains.
Le GAO attribue quant à lui l'insuffisance du contrôle
des passagers et des bagages à la faiblesse des rémunérations
des personnels de sécurité, qui explique aussi le taux
élevé de rotation.
Les autorités des aéroports et les compagnies aériennes
se défendaient jusqu'ici en faisant valoir qu'il n'y avait
pas eu d'action terroriste contre un avion de ligne américain
depuis l'attentat de Lockerbie en 1988. Elles notent aussi que leurs
systèmes de sécurité permettent de saisir en
moyenne 2.000 armes par an sur des passagers. Toutefois un système
plus strict de sécurité n'aurait pas pu forcément
empêcher les attaques de mardi remarque Barbara Beyer.
|