Les articles au jour le jour/jeudi 13 septembre
  • Les aéroports américains, de vraies passoires


  • Le détournement simultané de quatre avions de passagers mardi, dont trois ont été utilisés par des terroristes comme des bombes volantes contre le World Trade Center et le Pentagone, a révélé l'inefficacité du système de sécurité du transport aérien aux Etats-Unis.
    Les quatre commandos suicide ont été en mesure de franchir tous les contrôles - identité, détecteurs de métal et d'explosifs - dans trois des plus grands aéroports américains et d'embarquer à bord apparemment des armes blanches.

  • Complicité
  • Barbara Beyer, une experte du transport aérien, spécule sur la probabilité d'une complicité d'employés de sociétés de fourniture de services aux compagnies aériennes, qui aurait permis d'embarquer des armes dans les appareils détournés.

    Le laxisme du système de contrôle des passagers, des personnels des aéroports et des sociétés de services aux compagnies aériennes a fait l'objet de plusieurs études d'experts depuis la guerre du Golfe en 1991, suivies d'un renforcement momentané de la sécurité.
    Mais depuis ces dernières années, le relâchement de la sécurité a conduit le département des Transports et le General Accounting Office (GAO), une agence du Congrès, à tirer la sonnette d'alarme.
    Dans des rapports publiés l'an dernier, ils reprochaient à plusieurs aéroports de laisser des personnes non autorisées pénétrer dans des zones interdites au public. Ils accusaient également les autorités aéroportuaires de ne pas faire des enquêtes suffisamment sérieuses sur le passé des nouveaux employés.
  • Rotation du personnel
  • Le département des Transports déplorait aussi le fait que les aéroports sous-utilisent les détecteurs d'explosifs, des machines à rayons-X d'un coût d'un million de dollars chacune, installées dans 30 aéroports américains.

    Le GAO attribue quant à lui l'insuffisance du contrôle des passagers et des bagages à la faiblesse des rémunérations des personnels de sécurité, qui explique aussi le taux élevé de rotation.

    Les autorités des aéroports et les compagnies aériennes se défendaient jusqu'ici en faisant valoir qu'il n'y avait pas eu d'action terroriste contre un avion de ligne américain depuis l'attentat de Lockerbie en 1988. Elles notent aussi que leurs systèmes de sécurité permettent de saisir en moyenne 2.000 armes par an sur des passagers. Toutefois un système plus strict de sécurité n'aurait pas pu forcément empêcher les attaques de mardi remarque Barbara Beyer.
 

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