L'Amérique
en plein cauchemar
Au
lendemain du cataclysme, New York et Washington se réveillent
titubantes. L'urgence est au sauvetage des survivants bloqués
sous les décombres.

Dans un décor d'apocalypse, les sauveteurs tentaient hier d'extirper
des survivants du monceau de décombres fumants que sont devenues
à New York les tours du World Trade Center, frappées
de plein fouet par deux avions de ligne.
Dès mardi en fin d'après-midi, quand les lieux ont été
jugés assez sûrs, avait commencé sur le théâtre
du pire attentat terroriste de l'Histoire une opération de
sauvetage pour laquelle des centaines de pompiers, policiers et soldats
de la Garde nationale ont été mobilisés.
Hier, dans le jour qui se lève sur une ville hébétée,
les grues entrent en action et soulèvent les poutres métalliques
pour permettre la progression des pompiers. Des bulldozers dégagent
les voies d'accès, aménagent des aires de stationnement.
Les scies électriques découpent le béton, les
chalumeaux l'acier.
Des immenses treillis d'acier clair, si caractéristiques des
tours jumelles, il ne reste plus debout que deux pans calcinés
de ving mètres de haut, déformés, ridicules.
Les « Twin Towers » ont entraîné
dans leur chute plusieurs immeubles avoisinants, dont l'immense Millenium
Hotel qui n'était plus qu'un immense cratère entouré
de murs fumants.
« Un
vrai cauchemar, une zone de guerre »
Les rues alentours, strictement interdites à quiconque n'est
pas impliqué dans les secours, disparaissent sous trois centimètres
de poussière blanche, transformée en boue gluante par
l'eau des lances à incendie.
« C'est un vrai cauchemar, une zone de guerre. Les sauveteurs
n'ont pas commencé à sortir les corps, ils se concentrent
sur les vivants. Je n'ai vu qu'une paire de sacs en plastique pour
les cadavres, mais je vous assure qu'il va y en avoir beaucoup d'autres. »
témoigne Bryan Kemp, 38 ans, qui s'éloigne en titubant
des lieux du drame.
Depuis les premières heures du désastre, les autorités
fédérales ont mis en place à Washington un état-major
de campagne chargé de centraliser la gestion de la catastrophe
et coordonner toutes les opérations de secours sur le terrain.
Une douzaine d'équipes de sauveteurs sont à pied d'uvre
dans les décombres des deux tours du World Trade Center, au
sud de Manhattan, et dans les ruines de l'un des côtés
du Pentagone.
Elles disposent de moyens techniques spéciaux, notamment des
grues, des bulldozers et des camions afin de tenter de déblayer
les amas d'acier et de béton. Les sauveteurs sont également
assistés par des chiens dressés pour repérer
d'éventuels survivants.
Une équipe spéciale chargée d'évacuer
et d'identifier les corps est également à pied d'uvre.
En tout, quelque 7.000 médecins, infirmiers et pharmaciens
ont été mis à contribution à New York.
Une centaine d'autres opèrent à Washington.