Les articles au jour le jour/jeudi 13 septembre

L'Amérique en plein cauchemar
Au lendemain du cataclysme, New York et Washington se réveillent titubantes. L'urgence est au sauvetage des survivants bloqués sous les décombres.

 




Dans un décor d'apocalypse, les sauveteurs tentaient hier d'extirper des survivants du monceau de décombres fumants que sont devenues à New York les tours du World Trade Center, frappées de plein fouet par deux avions de ligne.

Dès mardi en fin d'après-midi, quand les lieux ont été jugés assez sûrs, avait commencé sur le théâtre du pire attentat terroriste de l'Histoire une opération de sauvetage pour laquelle des centaines de pompiers, policiers et soldats de la Garde nationale ont été mobilisés.

Hier, dans le jour qui se lève sur une ville hébétée, les grues entrent en action et soulèvent les poutres métalliques pour permettre la progression des pompiers. Des bulldozers dégagent les voies d'accès, aménagent des aires de stationnement. Les scies électriques découpent le béton, les chalumeaux l'acier.

Des immenses treillis d'acier clair, si caractéristiques des tours jumelles, il ne reste plus debout que deux pans calcinés de ving mètres de haut, déformés, ridicules. Les « Twin Towers » ont entraîné dans leur chute plusieurs immeubles avoisinants, dont l'immense Millenium Hotel qui n'était plus qu'un immense cratère entouré de murs fumants.

« Un vrai cauchemar, une zone de guerre »

Les rues alentours, strictement interdites à quiconque n'est pas impliqué dans les secours, disparaissent sous trois centimètres de poussière blanche, transformée en boue gluante par l'eau des lances à incendie.
« C'est un vrai cauchemar, une zone de guerre. Les sauveteurs n'ont pas commencé à sortir les corps, ils se concentrent sur les vivants. Je n'ai vu qu'une paire de sacs en plastique pour les cadavres, mais je vous assure qu'il va y en avoir beaucoup d'autres. » témoigne Bryan Kemp, 38 ans, qui s'éloigne en titubant des lieux du drame.

Depuis les premières heures du désastre, les autorités fédérales ont mis en place à Washington un état-major de campagne chargé de centraliser la gestion de la catastrophe et coordonner toutes les opérations de secours sur le terrain.

Une douzaine d'équipes de sauveteurs sont à pied d'œuvre dans les décombres des deux tours du World Trade Center, au sud de Manhattan, et dans les ruines de l'un des côtés du Pentagone.

Elles disposent de moyens techniques spéciaux, notamment des grues, des bulldozers et des camions afin de tenter de déblayer les amas d'acier et de béton. Les sauveteurs sont également assistés par des chiens dressés pour repérer d'éventuels survivants.

Une équipe spéciale chargée d'évacuer et d'identifier les corps est également à pied d'œuvre.

En tout, quelque 7.000 médecins, infirmiers et pharmaciens ont été mis à contribution à New York. Une centaine d'autres opèrent à Washington.

 
Les photos du drame | Les articles au jour le jour | Les infographies pour mieux comprendre
Retour Une de Paris-Normandie