Les articles au jour le jour/jeudi 13 septembre
  • Et si une centrale nucléaire était attaquée ?
     
    Que se passerait-il si une centrale nucléaire était la cible d'un avion ? La rumeur qui a couru mardi d'une éventuelle attaque d'une centrale américaine par une « bombe volante », bien qu'elle n'ait pas été confirmée, a suscité en France beaucoup de questions. Au point que le secrétaire d'Etat à l'Industrie Christian Pierret avait cru bon d'assurer hier mercredi, en marge d'une conférence de presse, que les centrales nucléaires françaises étaient « conçues, déjà dans leur structure, pour pallier la chute d'aéronefs [.] et faire face à ce type d'événement ».

    Des propos tempérés par un expert de l'ISPN, l'Institut de protection et de sûreté nucléaire pour qui les enceintes des réacteurs des centrales nucléaires ne résisteraient probablement pas à l'impact de la chute accidentelle ou d'origine terroriste d'un grand avion commercial car ce risque était statistiquement trop faible pour être pris en compte dans leur conception.
  • Probabilité de 1 pour 100 millions

  • En France, dans la règle fondamentale de sûreté (RFS) appliquée à la construction des centrales nucléaires, a précisé Philippe Jamet, conseiller de l'ISPN, la probabilité de voir tomber un Boeing, un Airbus ou autre appareil commercial de plus de 5,7 tonnes est estimée à un pour cent millions.

    Pour un appareil militaire de type Mirage, Rafale ou Phantom, le danger statistiquement prévu est de un pour dix millions. Pour l'aviation générale, deux types d'avions ont été retenus pour faire les calculs -un monomoteur à hélice, le Cessna 210, et un biréacteur, le Lear Jet 23-, avec un risque estimé à un pour un million.

    « Les centrales nucléaires françaises sont dimensionnées pour ce dernier type d'avions », précise M. Jamet.
    Le parc électro-nucléaire français est composé de deux types de réacteurs. Les parties vitales d'une vingtaine de réacteurs de 900 mégawatts (MW) sont protégées par une enceinte, tandis que trente réacteurs de 1.300 MW ont deux enceintes de confinement.

    « Mais les conséquences d'un accident ou d'un acte de malveillance dépendraient de leurs circonstances exactes et de la vitesse de l'avion, souligne l'expert. En gros, les centrales résisteraient à un avion militaire volant entre 100 et 200 mètres par seconde ».

    Mais face à une attaque terroriste avec un avion commercial comme celles perpétrées mardi aux Etats-Unis, conclut le spécialiste de l'ISPN, « on ne peut pas être certain que les enceintes résisteraient »

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