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Et
si une centrale nucléaire était attaquée ?
Que se passerait-il si une centrale nucléaire était
la cible d'un avion ? La rumeur qui a couru mardi d'une éventuelle
attaque d'une centrale américaine par une « bombe
volante », bien qu'elle n'ait pas été confirmée,
a suscité en France beaucoup de questions. Au point que le
secrétaire d'Etat à l'Industrie Christian Pierret avait
cru bon d'assurer hier mercredi, en marge d'une conférence
de presse, que les centrales nucléaires françaises étaient
« conçues, déjà dans leur structure,
pour pallier la chute d'aéronefs [.] et faire face à
ce type d'événement ».
Des propos tempérés par un expert de l'ISPN, l'Institut
de protection et de sûreté nucléaire pour qui
les enceintes des réacteurs des centrales nucléaires
ne résisteraient probablement pas à l'impact de la chute
accidentelle ou d'origine terroriste d'un grand avion commercial car
ce risque était statistiquement trop faible pour être
pris en compte dans leur conception.
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Probabilité
de 1 pour 100 millions
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En France, dans la règle fondamentale de sûreté
(RFS) appliquée à la construction des centrales nucléaires,
a précisé Philippe Jamet, conseiller de l'ISPN, la probabilité
de voir tomber un Boeing, un Airbus ou autre appareil commercial de
plus de 5,7 tonnes est estimée à un pour cent millions.
Pour un appareil militaire de type Mirage, Rafale ou Phantom, le danger
statistiquement prévu est de un pour dix millions. Pour l'aviation
générale, deux types d'avions ont été
retenus pour faire les calculs -un monomoteur à hélice,
le Cessna 210, et un biréacteur, le Lear Jet 23-, avec un risque
estimé à un pour un million.
« Les centrales nucléaires françaises sont
dimensionnées pour ce dernier type d'avions », précise
M. Jamet.
Le parc électro-nucléaire français est composé
de deux types de réacteurs. Les parties vitales d'une vingtaine
de réacteurs de 900 mégawatts (MW) sont protégées
par une enceinte, tandis que trente réacteurs de 1.300 MW ont
deux enceintes de confinement.
« Mais les conséquences d'un accident ou d'un acte
de malveillance dépendraient de leurs circonstances exactes
et de la vitesse de l'avion, souligne l'expert. En gros, les centrales
résisteraient à un avion militaire volant entre 100
et 200 mètres par seconde ».
Mais face à une attaque terroriste avec un avion commercial
comme celles perpétrées mardi aux Etats-Unis, conclut
le spécialiste de l'ISPN, « on ne peut pas être
certain que les enceintes résisteraient »
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