« Nous
avons dû ramper jusqu'à lui »
Hier
matin, après une nuit de souffrance, d'espoir et d'acharnement,
les sauveteurs ont extirpé Jay McLauglhin des décombres.
Gravement blessé, mais vivant et heureux.
Localisé par les sauveteurs mardi soir, le policier new-yorkais
Jay McLauglhin a été extirpé hier matin, après
une nuit de souffrance, d'espoir et d'acharnement, des décombres
du World Trade Center dont les tours se sont effondrées après
avoir été frappées par deux avions de ligne.
Vers 8 h 00, une clameur s'élève du lieu du
drame sur lequel travaillent des centaines de sauveteurs : elle
salue le retour à l'air libre de cet officier de la police
des Ports.
« Tout
le monde applaudissait »
« Nous avons fait une longue chaîne pour porter le
brancard jusqu'à l'ambulance, tout le monde criait, applaudissait »,
raconte peu après Bryan Kemp, un volontaire qui toute la nuit
a passé de main en main outils et matériels pour les
équipes de pompiers du chantier. « Dans la nuit,
ils avaient pensé l'amputer des deux jambes, puis d'une. En
fait, ils ont réussi à l'éviter ».
L'officier McLauglhin avait très tôt été
repéré par les secours mais, enterré jusqu'au
torse dans le magma de béton et de ferrailles, il ne pouvait
bouger. Il est l'un de ceux qui, grâce à leurs téléphones
cellulaires et parce qu'ils avaient la chance d'avoir une poche d'air
pour respirer, sont parvenus à se faire localiser et à
guider les secours.
« Nous avons dû ramper jusqu'à lui et creuser
autour pour le dégager. On s'est relayé »,
précise le lieutenant Richard Doerler, qui commandait une unité
venue mardi soir du New Jersey. « Il a été
maintenu en vie toute la nuit par les médecins. Je lui demandais
régulièrement de me parler de ses enfants (il en a quatre)
pour m'assurer qu'il restait bien avec nous ».
« Nous avons utilisé nos pelles, mais on a aussi
improvisé avec des morceaux de métal, tout ce qui nous
tombait sous la main. Et puis, à la fin, on l'a entouré
dans un filet de plastique et on l'a tiré de là ».
Le policier, grièvement blessé aux jambes, a été
admis aux urgences de l'hôpital Bellevue, dans le sud de Manhattan,
qui a accueilli depuis mardi matin des dizaines de victimes, la plupart
plus légèrement atteintes.
« Ils
sont très forts, ils ont les chiens »
« Ils l'ont trouvé, ils peuvent en trouver d'autres. »,
conclut Bryan Kemp, les yeux rougis par la poussière, les larmes
et la nuit sans sommeil. « Ils sont forts, ils ont les
appareils, les chiens ».
Selon plusieurs membres des secours, les pompiers avaient terminé
hier matin d'inspecter les cinq étages du sous-sol du World
Trade Center qui abritent plusieurs galeries commerciales dans lesquelles
ils n'ont trouvé personne. Près d'une heure s'est en
effet écoulée entre l'impact des deux avions et l'effondrement
des tours, permettant sans doute l'évacuation complète
des sous-sols.