Les articles au jour le jour/jeudi 13 septembre

« Nous avons dû ramper jusqu'à lui »
Hier matin, après une nuit de souffrance, d'espoir et d'acharnement, les sauveteurs ont extirpé Jay McLauglhin des décombres. Gravement blessé, mais vivant et heureux.


Localisé par les sauveteurs mardi soir, le policier new-yorkais Jay McLauglhin a été extirpé hier matin, après une nuit de souffrance, d'espoir et d'acharnement, des décombres du World Trade Center dont les tours se sont effondrées après avoir été frappées par deux avions de ligne.

Vers 8 h 00, une clameur s'élève du lieu du drame sur lequel travaillent des centaines de sauveteurs : elle salue le retour à l'air libre de cet officier de la police des Ports.

« Tout le monde applaudissait »

« Nous avons fait une longue chaîne pour porter le brancard jusqu'à l'ambulance, tout le monde criait, applaudissait », raconte peu après Bryan Kemp, un volontaire qui toute la nuit a passé de main en main outils et matériels pour les équipes de pompiers du chantier. « Dans la nuit, ils avaient pensé l'amputer des deux jambes, puis d'une. En fait, ils ont réussi à l'éviter ».

L'officier McLauglhin avait très tôt été repéré par les secours mais, enterré jusqu'au torse dans le magma de béton et de ferrailles, il ne pouvait bouger. Il est l'un de ceux qui, grâce à leurs téléphones cellulaires et parce qu'ils avaient la chance d'avoir une poche d'air pour respirer, sont parvenus à se faire localiser et à guider les secours.

« Nous avons dû ramper jusqu'à lui et creuser autour pour le dégager. On s'est relayé », précise le lieutenant Richard Doerler, qui commandait une unité venue mardi soir du New Jersey. « Il a été maintenu en vie toute la nuit par les médecins. Je lui demandais régulièrement de me parler de ses enfants (il en a quatre) pour m'assurer qu'il restait bien avec nous ».

« Nous avons utilisé nos pelles, mais on a aussi improvisé avec des morceaux de métal, tout ce qui nous tombait sous la main. Et puis, à la fin, on l'a entouré dans un filet de plastique et on l'a tiré de là ».

Le policier, grièvement blessé aux jambes, a été admis aux urgences de l'hôpital Bellevue, dans le sud de Manhattan, qui a accueilli depuis mardi matin des dizaines de victimes, la plupart plus légèrement atteintes.

« Ils sont très forts, ils ont les chiens »

« Ils l'ont trouvé, ils peuvent en trouver d'autres. », conclut Bryan Kemp, les yeux rougis par la poussière, les larmes et la nuit sans sommeil. « Ils sont forts, ils ont les appareils, les chiens ».

Selon plusieurs membres des secours, les pompiers avaient terminé hier matin d'inspecter les cinq étages du sous-sol du World Trade Center qui abritent plusieurs galeries commerciales dans lesquelles ils n'ont trouvé personne. Près d'une heure s'est en effet écoulée entre l'impact des deux avions et l'effondrement des tours, permettant sans doute l'évacuation complète des sous-sols.

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