Vigipirate
reprend du service
Malgré
l'absence de menace particulière contre la France, le plan
Vigipirate renforcé a été réactivée
hier. En Seine-Maritime, le préfet a demandé des renforts
militaires.

Le dispositif de sécurité mis en place dans toute la
France hier s'est peu à peu matérialisé avec
le plan Vigipirate renforcé, même si les autorités
estiment qu'aucune menace particulière ne pèse sur le
territoire national.
En Seine-maritime, c'est le préfet Bruno Fontenaist qui coordonne
la mise en place du plan. « On a franchi de nouvelles limites
de la folie humaine » a-t-il commenté, hier à
Rouen. « Le terrorisme a cherché le plus spectaculaire,
le plus emblématique de l'Occident, le plus grand nombre de
victimes. Il va falloir repenser tous nos systèmes de défense. »
Le préfet a ensuite présenté les grandes lignes
du plan Vigipirate renforcé, destiné à rassurer
et dissuader. « Des mesures seront visibles, d'autres moins.
J'ai demandé des renforts militaires. » Les 2.000
policiers et 900 gendarmes du département sont mobilisés,
et l'arrivée éventuelle de renforts permettrait de dédoubler
les
équipes.
Surveiller
les raffineries
« Priorité est donnée aux installations industrielles,
aux points de rassemblement du public - dont les établissements
scolaires - et à quelques édifices emblématiques. »
Le secteur pétrochimique, très lié à l'économie
américaine (comme Exxon-Mobil, Goodyear Chemical, United Chemical
ou Lubrizol), mais aussi les raffineries Shell et Total, vont faire
l'objet d'une surveillance accrue, tout comme les ports, aéroports,
et gares. « J'ai notamment imposé un contrôle
de 100 % des bagages et 100 % des identités aux départs
des avions. »
Le préfet a également annoncé la suspension de
l'ouverture au public des centrales nucléaires de la région,
et a sensibilisé les 55 entreprises classées Seveso
de Seine-Maritime. La cathédrale de Rouent devrait probablement
faire aussi l'objet de mesures particulières.
« Les services de l'Etat restent en veille jour et nuit »
a rappelé le préfet, soulignant que ce plan devait être
une politique partagée. « En se prêtant facilement
aux contrôles, les citoyens participent à ce regain de
vigilance. Il ne s'agit pas d'instaurer une psychose, mais la situation
doit être prise au sérieux. »
4.000
hommes mobilisés en France
Dans le reste de la France, aéroports, gares, ports et autres
lieux de transit ont été progressivement placés
sous contrôle policier, comme les centrales nucléaires
et centres de production industriels, ainsi que les principaux monuments
historiques.
Dans et aux abords des lieux publics (cinémas, centres commerciaux,
écoles, hôpitaux, etc...), comme dans les transports
en commun, on traque les éventuels colis et véhicules
suspects. Enfin, les lieux de culte juifs et musulmans et les quartiers
sensibles sont également particulièrement surveillés,
même si aucune tension n'est perceptible.
Plus de 4.000 policiers, gendarmes et militaires ont ainsi été
déployés dans tous le pays.
J-P.
B.