éditorial
The day after
Faire face. C'est maintenant le maître
mot des Etats-Unis, au lendemain des attentats contre les deux tours
du World Trade Center, à New York, et contre le Pentagone,
à Washington. Alors qu'on ne connaît toujours pas le
nombre des victimes et que les commanditaires ne sont pas encore identifiés,
George W. Bush, après seulement huit mois à la
Maison Blanche, doit gérer une de plus graves crises que son
pays ait connu depuis la Seconde Guerre mondiale. On saura vite si
ce président, mal élu, mal considéré,
et parti du mauvais pas, tient bon la barre et est capable de répondre
efficacement à cette guerre déclarée à
l'Amérique. Les terribles attentats commis mardi ont mis les
Etats-Unis k.o. debout. La plus grande puissance économique
et militaire du monde s'est révélée vulnérable
à une attaque terroriste de grande ampleur. Les symboles de
sa domination ont été détruits, au cur
de ses deux capitales financière et politique. Ses services
de renseignements, les plus sophistiqués qui existent, ont
été bernés par des kamikazes armés de
couteaux qui sont parvenus à détourner quatre avions
de ligne et à les précipiter sur leurs cibles. A la
catastrophe et au deuil, s'ajoute une véritable humiliation.
Au delà du drame humain que vivent les Américains, cette
crise aura une influence majeure sur la politique menée à
Washington. D'une part, parce que la riposte qui ne manquera pas de
venir pèsera lourd sur les rapports internationaux des Etats-Unis.
D'autre part, parce que George W. Bush ne pourra plus raisonner
comme si son pays était seul à dominer la planète.
Même si rien ne peut justifier les attentats de mardi, l'attitude
de la nouvelle administration américaine à propos de
la protection de l'environnement, de la conférence de Durban
sur le racisme, ou de la situation au Proche Orient, a alimenté
le sentiment anti-américain. Or il est clair que la lutte contre
le terrorisme qui prend pour cible l'Occident doit être internationale.
Elle demande donc une coopération équilibrée
entre tous les pays concernés. Elle passe aussi par la résolution
des conflits régionaux qui entretiennent le fanatisme. L'affrontement
entre Israéliens et Palestiniens est, sur ce plan, prioritaire.
George W. Bush va donc devoir se résoudre à sortir
de ses frontières et à s'intéresser au reste
du monde pour protéger son pays et ses concitoyens. Les Etats-Unis,
comme toutes les autres démocraties qui sont à leurs
côtés, doivent résister à la tentation
du repli face à la menace. Ce serait une victoire du terrorisme
et un recul de la liberté.
GILLES
DAUXERRE