Les articles au jour le jour/jeudi 13 septembre


éditorial
The day after
Faire face. C'est maintenant le maître mot des Etats-Unis, au lendemain des attentats contre les deux tours du World Trade Center, à New York, et contre le Pentagone, à Washington. Alors qu'on ne connaît toujours pas le nombre des victimes et que les commanditaires ne sont pas encore identifiés, George W. Bush, après seulement huit mois à la Maison Blanche, doit gérer une de plus graves crises que son pays ait connu depuis la Seconde Guerre mondiale. On saura vite si ce président, mal élu, mal considéré, et parti du mauvais pas, tient bon la barre et est capable de répondre efficacement à cette guerre déclarée à l'Amérique. Les terribles attentats commis mardi ont mis les Etats-Unis k.o. debout. La plus grande puissance économique et militaire du monde s'est révélée vulnérable à une attaque terroriste de grande ampleur. Les symboles de sa domination ont été détruits, au cœur de ses deux capitales financière et politique. Ses services de renseignements, les plus sophistiqués qui existent, ont été bernés par des kamikazes armés de couteaux qui sont parvenus à détourner quatre avions de ligne et à les précipiter sur leurs cibles. A la catastrophe et au deuil, s'ajoute une véritable humiliation. Au delà du drame humain que vivent les Américains, cette crise aura une influence majeure sur la politique menée à Washington. D'une part, parce que la riposte qui ne manquera pas de venir pèsera lourd sur les rapports internationaux des Etats-Unis. D'autre part, parce que George W. Bush ne pourra plus raisonner comme si son pays était seul à dominer la planète. Même si rien ne peut justifier les attentats de mardi, l'attitude de la nouvelle administration américaine à propos de la protection de l'environnement, de la conférence de Durban sur le racisme, ou de la situation au Proche Orient, a alimenté le sentiment anti-américain. Or il est clair que la lutte contre le terrorisme qui prend pour cible l'Occident doit être internationale. Elle demande donc une coopération équilibrée entre tous les pays concernés. Elle passe aussi par la résolution des conflits régionaux qui entretiennent le fanatisme. L'affrontement entre Israéliens et Palestiniens est, sur ce plan, prioritaire. George W. Bush va donc devoir se résoudre à sortir de ses frontières et à s'intéresser au reste du monde pour protéger son pays et ses concitoyens. Les Etats-Unis, comme toutes les autres démocraties qui sont à leurs côtés, doivent résister à la tentation du repli face à la menace. Ce serait une victoire du terrorisme et un recul de la liberté.

GILLES DAUXERRE

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