Les articles au jour le jour/mercredi 12 septembre

New York K.O. debout
Les New-Yorkais étaient sous le coup de la colère et de l’émotion. Un symbole s’est effondré. Il est trop tôt pour chiffrer le nombre de victimes


Les secours font face à une catastrophe jamais vue. A Manhattan, les survivants sous le choc quelques heures après l’attentat (Photos AFP)


Les New-Yorkais étaient traumatisés hier, après l’attentat sans précédent qui a entraîné l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center, symboles de l’île de Manhattan, à moins d’une demi-heure d’intervalle.
«Mon Dieu, protège-nous», murmure entre deux sanglots une femme, essuyant les larmes qui coulaient sur son visage. «Dieu est le seul» qui nous reste, lance un autre passant, l’air complètement perdu.
«Marchez vers le nord, marchez vers le nord, ne courrez pas», assènent policiers et secouristes dans le quartier sud de l’île de Manhattan, où se trouvaient les tours jumelles, frappées de plein fouet par deux avions.
«Je venais de sortir du métro. J’ai vu des gens courir. Je n’ai pas pu voir l’immeuble à ce moment-là, juste de la fumée. Les policiers nous ont dit de faire marche arrière […] et là, j’ai vu des flammes. J’ai regardé un moment et l’immeuble s’est effondré», raconte éberlué Hayri Yilmaz. «Il doit y avoir des milliers de gens morts là-dedans. Je n’arrive pas à croire ce que je vois.»

Un fracas de verre, d’acier et de béton
Lauren Newmark, qui travaille à la banque d’affaires américaine Morgan Stanley, a mis plus d’une heure à dévaler les escaliers de la tour sud, depuis le 70e étage, pour quitter le bâtiment avant qu’il ne s’effondre. «Tout le monde était affolé, mais les gens étaient plutôt disciplinés», raconte l’employée qui a entendu une deuxième explosion.
Moins d’une heure après avoir été frappée par un avion, la première tour s’effondre alors comme un château de cartes. Une demi-heure plus tard, sa jumelle disparaît aussi, dans un fracas assourdissant de verre, d’acier et de béton.
De son côté, le maire de New York, Rudolph Giuliani, a déclaré sans donner de bilan précis que l’explosion a fait un nombre «terrible» de victimes. Il a immédiatement ordonné l’évacuation du sud de Manhattan et demandé aux habitants de rester calmes. «J’ai vu des gens sauter par les fenêtres», a-t-il avoué, la voix blanche, précisant qu’il n’avait reçu «aucun avertissement d’aucun type».

Les F-16 survolent les gratte-ciel

Le sud de l’île est peu après sous bouclage de la police, alors que tous les commerces et les bureaux ferment. Au-dessus de Manhattan, des avions de chasse de type F-16 survolent les gratte-ciel de cette ville de sept millions d’habitants.
Dans le quartier des tours, les passants, hagards et recouverts de poussière, n’en finissent pas de se remettre du choc. «Nous n’étions pas autant en sécurité que nous le pensions», constate, laconiquement l’un deux, nettoyant ses lunettes rendues opaques par la cendre.
Ces attentats ont frappé au cœur de Wall Street, la capitale financière du monde, alors que quelque 40.000 personnes travaillent chaque jour dans les deux tours du World Trade Center.

Solidarité malgré tout

Sous le coup de la colère et de l'émotion, des milliers de New-Yorkais offraient mardi spontanément leur aide et leur sang aux hôpitaux, en réponse au double attentat contre le World Trade Center.
En début d'après-midi, cinq heures après l'explosion puis l'effondrement des «Twin Towers», le Bellevue Hospital et le NYU Medical Center sur la 1ère Avenue, refoulaient les civils venus donner leur sang et leur demandaient de revenir quatre heures plus tard, voire mercredi.
Dans la cour de l'hôpital Bellevue, plusieurs centaines de personnes, enroulées en escargot, attendent dans le calme et généralement le silence de pouvoir tendre leur bras aux seringues.
Les policiers en faction devant les grilles des deux établissements doivent aussi répondre aux nombreux volontaires venus proposer leur aide. «Que puis je faire ?», demande ainsi David, un avocat de 50 ans. Le policier Malvasio le remercie mais fait valoir que, pour l'heure, seul le corps médical - médecins, infirmières, étudiants en médecine - est requis.
«Certains blessés sont extrêmement difficiles d'accès», indique un médecin légiste pour justifier que plus de cinq heures après la double explosion des ambulances affluent encore: le Dr Douglas King, membre du «NYC Office of Chief medical examiner», apporte dans une large enveloppe jaune les premiers clichés de la scène du crime pris entre la première et la deuxième explosion.
«Entre les deux, j'ai reçu un morceau de main sur le pare-brise de ma voiture... Je n'ai jamais vu une telle dévastation», ajoute cet expert qui est intervenu, souligne-t-il, sur plusieurs catastrophes aériennes.

 

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