Les articles au jour le jour/mercredi 12 septembre

Le Pentagone pris pour cible
Des dizaines de personnes ont été tuées dans l'attentat contre le Pentagone à Washington, centre stratégique de la Défense américaine.


L’attentat a sérieusement endommagé l’imposant bâtiment du Pentagone à Washington. Un avion s’est jeté sur le bâtiment à 9 h 53, peu après l’attentat à New York (Photo AFP)


Il est 9 h 40 quand le président Bush, en déplacement en Floride, déclare après l’explosion des tours du World Trade Center , qui s’est produite il y a à peine une heure à Manhattan qu'il s'agit «apparemment d'une attaque terroriste».
A 9 h 53, à peine l’allocution terminée, un avion de ligne s'écrasait sur le Pentagone, à Washington, provoquant deux explosions et un gros nuage de fumée.
Un premier bilan hier soir faisait état de plusieurs dizaines de morts. «Nous savons qu'il y avait plusieurs dizaines de personnes dans l'avion» qui s'est écrasé sur le bâtiment abritant le ministère de la Défense, a déclaré le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld lors d'une conférence de presse, précisant que l'avion s'était encastré entre le premier et le deuxième étage «à pleine vitesse».
«Il ne peut pas y avoir de survivants. Cela serait inimaginable», a-t-il ajouté.
Le ministre a ajouté que plusieurs morts avaient été retirés des lieux du drame, mais sans donner un chiffre précis des morts et des blessés.
De violents incendies continuaient hier après-midi à ravager le Pentagone, centre stratégique de la Défense américaine contre lequel s'est écrasé un avion de ligne.

Une immense brèche
Une immense brèche était visible sur l'une des facades de l'immense complexe immobilier à cinq côtés, situé à proximité immédiate de la capitale fédérale américaine.
«De nombreuses personnes ont été blessées», a indiqué un porte-parole du Pentagone, le contre-amiral Craig Quigley.
«Il semble qu'un avion se soit volontairement jeté sur le Pentagone», a-t-il ajouté, précisant qu'il ne disposait pas d'informations sur le type d'appareil impliqué.
Un témoin a raconté qu'il avait vu un avion d'American Airlines voler à basse altitude droit vers le Pentagone, où travaillent quotidiennement plus de 24.000 personnes, avant de s'écraser au rez-de-chaussée.
«Je me suis d'abord dit: je n'en ai jamais vu voler si bas», a raconté le capitaine Lincoln Liebner, qui était en train de garer sa voiture sur un parking au moment de l'attaque. «Juste avant l'impact je me suis rendu compte de ce qui était en train de se passer».
Le jet a également percuté un hélicoptère et enflammé un camion de pompiers, a précisé le capitaine Liebner. «Nous avons réussi à sortir un type du camion», a-t-il dit, tandis qu'on entendait des gens crier à l'intérieur du véhicule en feu.
Le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, se trouvait dans son bureau lorsque l'avion a percuté le bâtiment, a précisé Craig Quigley. «Il s'est rendu en courant à l'endroit où l'avion avait frappé et a aidé à placer les blessés sur les civières», a déclaré le porte-parole.
D'après le lieutenant-colonel Robert Snyder, qui se trouvait au sous-sol du bâtiment au moment de l'explosion, «les gens ont gardé leur calme». «Ils se sont mis à s'organiser pour sortir», a-t-il dit.
Plusieurs hauts responsables du Pentagone ont été évacués à la suite de l'attentat vers une destination non précisée. La police a fait évacuer les abords du complexe et installer une antenne médicale d'urgence sous une bretelle d'autoroute.

Scènes de guerre à Washington
Quelques minutes après l’explosion, des centaines de personnes couraient hier dans les rues de Washington, certains s’engouffrant dans les bouches du métro, après l’évacuation de bâtiments de la Maison Blanche, du Pentagone (ministère de la Défense) et du département d’Etat (ministère des Affaires étrangères).
Ainsi ces touristes âgés, qui s’apprêtent à visiter la Maison Blanche sont éloignés de la résidence présidentielle par des policiers à pied et à moto. Plusieurs personnes se mettent à crier en interpellant des policiers, les agents semblant eux-mêmes peu au fait de la situation.
«Je rentre chez moi… J’ai trop peur», lâche une jeune femme en quittant son bureau au pas de course. Des dizaines d’employés ont quitté leur bureau et stationnent dans les rues. Certains affirment que des explosions se sont produites dans plusieurs sites de la capitale fédérale et des environs.
Des camions de pompiers, sirènes hurlantes, ainsi que des voitures de police se dirigent vers la Maison Blanche. Des fumées noires s’échappent à l’arrière d’un bâtiment adjacent. Un témoin affirme avoir entendu une explosion, information non confirmée à ce stade par la police.
La Maison Blanche, le département d’Etat et le Pentagone sont alors évacués moins d’une heure après un attentat contre les deux tours du World Trade Center à New York.
Parmi les badauds tenus à l'écart par la police, pendant que les pompiers continuaient à lutter contre les flammes, Michael Long faisait part de son désarroi. «C'est dur à croire», commentait-il. «A part la fumée, ça pourrait être un jour comme les autres. Je me demande ce qui marque la limite entre un acte de terrorisme et une véritable guerre».

 

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