Le
Pentagone pris pour cible
Des dizaines de personnes ont été tuées
dans l'attentat contre le Pentagone à Washington, centre stratégique
de la Défense américaine.

Lattentat
a sérieusement endommagé limposant bâtiment
du Pentagone à Washington. Un avion sest jeté
sur le bâtiment à 9 h 53, peu après lattentat
à New York (Photo AFP)
Il
est 9 h 40 quand le président Bush, en déplacement en
Floride, déclare après lexplosion des tours du
World Trade Center , qui sest produite il y a à peine
une heure à Manhattan qu'il s'agit «apparemment d'une
attaque terroriste».
A 9 h 53, à peine lallocution terminée, un avion
de ligne s'écrasait sur le Pentagone, à Washington,
provoquant deux explosions et un gros nuage de fumée.
Un premier bilan hier soir faisait état de plusieurs dizaines
de morts. «Nous savons qu'il y avait plusieurs dizaines de personnes
dans l'avion» qui s'est écrasé sur le bâtiment
abritant le ministère de la Défense, a déclaré
le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld lors
d'une conférence de presse, précisant que l'avion s'était
encastré entre le premier et le deuxième étage
«à pleine vitesse».
«Il ne peut pas y avoir de survivants. Cela serait inimaginable»,
a-t-il ajouté.
Le ministre a ajouté que plusieurs morts avaient été
retirés des lieux du drame, mais sans donner un chiffre précis
des morts et des blessés.
De violents incendies continuaient hier après-midi à
ravager le Pentagone, centre stratégique de la Défense
américaine contre lequel s'est écrasé un avion
de ligne.
Une immense brèche
Une immense brèche était visible sur l'une des facades
de l'immense complexe immobilier à cinq côtés,
situé à proximité immédiate de la capitale
fédérale américaine.
«De nombreuses personnes ont été blessées»,
a indiqué un porte-parole du Pentagone, le contre-amiral Craig
Quigley.
«Il semble qu'un avion se soit volontairement jeté sur
le Pentagone», a-t-il ajouté, précisant qu'il
ne disposait pas d'informations sur le type d'appareil impliqué.
Un témoin a raconté qu'il avait vu un avion d'American
Airlines voler à basse altitude droit vers le Pentagone, où
travaillent quotidiennement plus de 24.000 personnes, avant de s'écraser
au rez-de-chaussée.
«Je me suis d'abord dit: je n'en ai jamais vu voler si bas»,
a raconté le capitaine Lincoln Liebner, qui était en
train de garer sa voiture sur un parking au moment de l'attaque. «Juste
avant l'impact je me suis rendu compte de ce qui était en train
de se passer».
Le jet a également percuté un hélicoptère
et enflammé un camion de pompiers, a précisé
le capitaine Liebner. «Nous avons réussi à sortir
un type du camion», a-t-il dit, tandis qu'on entendait des gens
crier à l'intérieur du véhicule en feu.
Le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld,
se trouvait dans son bureau lorsque l'avion a percuté le bâtiment,
a précisé Craig Quigley. «Il s'est rendu en courant
à l'endroit où l'avion avait frappé et a aidé
à placer les blessés sur les civières»,
a déclaré le porte-parole.
D'après le lieutenant-colonel Robert Snyder, qui se trouvait
au sous-sol du bâtiment au moment de l'explosion, «les
gens ont gardé leur calme». «Ils se sont mis à
s'organiser pour sortir», a-t-il dit.
Plusieurs hauts responsables du Pentagone ont été évacués
à la suite de l'attentat vers une destination non précisée.
La police a fait évacuer les abords du complexe et installer
une antenne médicale d'urgence sous une bretelle d'autoroute.
Scènes
de guerre à Washington
Quelques minutes après lexplosion, des centaines de personnes
couraient hier dans les rues de Washington, certains sengouffrant
dans les bouches du métro, après lévacuation
de bâtiments de la Maison Blanche, du Pentagone (ministère
de la Défense) et du département dEtat (ministère
des Affaires étrangères).
Ainsi ces touristes âgés, qui sapprêtent
à visiter la Maison Blanche sont éloignés de
la résidence présidentielle par des policiers à
pied et à moto. Plusieurs personnes se mettent à crier
en interpellant des policiers, les agents semblant eux-mêmes
peu au fait de la situation.
«Je rentre chez moi
Jai trop peur», lâche
une jeune femme en quittant son bureau au pas de course. Des dizaines
demployés ont quitté leur bureau et stationnent
dans les rues. Certains affirment que des explosions se sont produites
dans plusieurs sites de la capitale fédérale et des
environs.
Des camions de pompiers, sirènes hurlantes, ainsi que des voitures
de police se dirigent vers la Maison Blanche. Des fumées noires
séchappent à larrière dun bâtiment
adjacent. Un témoin affirme avoir entendu une explosion, information
non confirmée à ce stade par la police.
La Maison Blanche, le département dEtat et le Pentagone
sont alors évacués moins dune heure après
un attentat contre les deux tours du World Trade Center à New
York.
Parmi les badauds tenus à l'écart par la police, pendant
que les pompiers continuaient à lutter contre les flammes,
Michael Long faisait part de son désarroi. «C'est dur
à croire», commentait-il. «A part la fumée,
ça pourrait être un jour comme les autres. Je me demande
ce qui marque la limite entre un acte de terrorisme et une véritable
guerre».
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