Les articles au jour le jour/mercredi 12 septembre

«Et soudain, l’explosion…»
«J’ai vu une énorme boule de feu blanche», raconte Lawrence. Ils étaient des milliers dans les tours jumelles à l’ouverture des bureaux.


Après un premier instant de paralysie et d’incrédulité, la foule fuit ce nuage, comme si c’était un nuage toxique, courant et criant (photos AFP)


Hier matin à Manhattan, une de ces superbes journées de la fin de l’été new-yorkais… Et soudain l’enfer se déchaîne. «J’ai vu une énorme boule de feu blanche, et la tour s’est embrasée», raconte Lawrence, un employé de Wall Street. Il était quelques minutes avant 9h, à l’heure où ce quartier de la finance grouille de monde.
Une des deux tours jumelles de 110 étages qui font la fierté de New York vient d’être touchée de plein fouet par un avion. «Il y a eu une énorme explosion, les vitres ont volé en éclats», ajoute un garde de sécurité. «Les gens ont commencé à descendre en courant, ils criaient, et j’ai été renversé.» Des dizaines de chaussures jonchent le sol…

«C’était presque beau»
Mais après cette panique initiale, des milliers de personnes se rassemblent non loin des tours. «Tout le monde regardait, c’était comme irréel, mais personne ne réalisait vraiment ce qui se passait. C’était presque beau, avec la tour en flammes qui se détachait sur le ciel bleu», avoue un jeune financier allemand, Thorsten.
Mais un quart d’heure plus tard, un deuxième appareil vient s’encastrer dans l’autre tour. «Ca m’a rappelé le film Independence Day, lorsque l’OVNI détruit un immeuble», raconte Dominic Lombardo, un analyste financier de 34 ans. Dans tout ce quartier du sud de l’île de Manhattan, c’est alors le chaos.
Selon les témoins, les premiers secours sont arrivés très vite, police, pompiers, ambulances, le FBI, dans une cacophonie de sirènes.

415 mètres de béton et de verre
Mais alors que des milliers de personnes regardent, la foule soudain se fige : «mon dieu, mon dieu», crie une femme hébétée, alors que seules les sirènes brisent le silence.
Personne ne réalise immédiatement ce qui se passe. Dans un grondement de tremblement de terre, le sommet de la tour sud craque, puis les 415 mètres de béton et de verre s’effondrent, comme au ralenti, projetant des débris partout à la ronde.
Puis un énorme nuage de fumée, acre, très épaisse, s’élève lentement et commence à recouvrir tout le quartier. Après ce premiers instants de paralysie et d’incrédulité, la foule fuit ce nuage, comme si c’était un nuage toxique, courant et criant. «Ce fut soudain la nuit. Il faisait si sombre que l’on ne pouvait voir son voisin» indique Lawrence.
Couverts de la tête aux pieds de poussière blanche, les premiers mots de ces témoins évoquent un spectacle de guerre, même d’hiver nucléaire. Un homme lâche «Je pense que c’était comme à Hiroshima», ville japonaise qui fut rayée de la carte en 1945 par une bombe nucléaire lâchée par un avion américain.

«J’ai entendu une énorme détonation»
Une journaliste de l’agence de presse AFX évacuée d’une des deux tours du World Trade Center a raconté hier avoir entendu une «énorme détonation» et senti «le bâtiment trembler» avant de se précipiter dans l’escalier avec d’autres employés.
«Nous avons entendu une énorme détonation, tout le bâtiment a tremblé et des choses ont commencé à tomber du toit», se souvient Ciara Linnane. «Nous avons d’abord pensé que c’était une bombe […] et puis nous avons entendu dans l’escalier que c’était un avion parce que des gens l’avaient vu sur CNN.»

A une demi-heure près
«Cela nous a pris une heure pour descendre les escaliers et quand nous sommes arrivés en bas, il y avait des pompiers qui montaient avec beaucoup d’équipements. Il y avait de la fumée dans les escaliers, dans le couloir. Quand nous sommes arrivés dans le hall, il était complètement détruit, il y avait du verre et de l’eau partout» poursuit Ciara Linnane.
«Nous étions complètement trempés. Nous avons dû courir à travers le hall. Le bâtiment était très instable, ils pensaient qu’il allait s’effondrer», a-t-elle ajouté.
Une demi-heure après, le même scénario s’est reproduit pour la deuxième tour, qui s’est effondrée comme un château de cartes, répandant des milliers de tonnes de débris dans les rues environnantes. Un monstrueux nuage de poussière recouvre alors tout le sud de l’île de Manhattan.
Le bureau de la rédaction de l’agence de presse AFX se trouvait dans cette deuxième tour…

 

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