«Et
soudain, lexplosion
»
«Jai vu une énorme boule de feu blanche»,
raconte Lawrence. Ils étaient des milliers dans les tours jumelles
à louverture des bureaux.

Après
un premier instant de paralysie et dincrédulité,
la foule fuit ce nuage, comme si cétait un nuage toxique,
courant et criant (photos AFP)
Hier
matin à Manhattan, une de ces superbes journées de la
fin de lété new-yorkais
Et soudain lenfer
se déchaîne. «Jai vu une énorme boule
de feu blanche, et la tour sest embrasée», raconte
Lawrence, un employé de Wall Street. Il était quelques
minutes avant 9h, à lheure où ce quartier de la
finance grouille de monde.
Une des deux tours jumelles de 110 étages qui font la fierté
de New York vient dêtre touchée de plein fouet
par un avion. «Il y a eu une énorme explosion, les vitres
ont volé en éclats», ajoute un garde de sécurité.
«Les gens ont commencé à descendre en courant,
ils criaient, et jai été renversé.»
Des dizaines de chaussures jonchent le sol
«Cétait presque beau»
Mais après cette panique initiale, des milliers de personnes
se rassemblent non loin des tours. «Tout le monde regardait,
cétait comme irréel, mais personne ne réalisait
vraiment ce qui se passait. Cétait presque beau, avec
la tour en flammes qui se détachait sur le ciel bleu»,
avoue un jeune financier allemand, Thorsten.
Mais un quart dheure plus tard, un deuxième appareil
vient sencastrer dans lautre tour. «Ca ma
rappelé le film Independence Day, lorsque lOVNI détruit
un immeuble», raconte Dominic Lombardo, un analyste financier
de 34 ans. Dans tout ce quartier du sud de lîle de Manhattan,
cest alors le chaos.
Selon les témoins, les premiers secours sont arrivés
très vite, police, pompiers, ambulances, le FBI, dans une cacophonie
de sirènes.
415 mètres de béton et de verre
Mais alors que des milliers de personnes regardent, la foule soudain
se fige : «mon dieu, mon dieu», crie une femme hébétée,
alors que seules les sirènes brisent le silence.
Personne ne réalise immédiatement ce qui se passe. Dans
un grondement de tremblement de terre, le sommet de la tour sud craque,
puis les 415 mètres de béton et de verre seffondrent,
comme au ralenti, projetant des débris partout à la
ronde.
Puis un énorme nuage de fumée, acre, très épaisse,
sélève lentement et commence à recouvrir
tout le quartier. Après ce premiers instants de paralysie et
dincrédulité, la foule fuit ce nuage, comme si
cétait un nuage toxique, courant et criant. «Ce
fut soudain la nuit. Il faisait si sombre que lon ne pouvait
voir son voisin» indique Lawrence.
Couverts de la tête aux pieds de poussière blanche, les
premiers mots de ces témoins évoquent un spectacle de
guerre, même dhiver nucléaire. Un homme lâche
«Je pense que cétait comme à Hiroshima»,
ville japonaise qui fut rayée de la carte en 1945 par une bombe
nucléaire lâchée par un avion américain.
«Jai
entendu une énorme détonation»
Une journaliste de lagence de presse AFX évacuée
dune des deux tours du World Trade Center a raconté hier
avoir entendu une «énorme détonation» et
senti «le bâtiment trembler» avant de se précipiter
dans lescalier avec dautres employés.
«Nous avons entendu une énorme détonation, tout
le bâtiment a tremblé et des choses ont commencé
à tomber du toit», se souvient Ciara Linnane. «Nous
avons dabord pensé que cétait une bombe
[
] et puis nous avons entendu dans lescalier que cétait
un avion parce que des gens lavaient vu sur CNN.»
A une demi-heure près
«Cela nous a pris une heure pour descendre les escaliers et
quand nous sommes arrivés en bas, il y avait des pompiers qui
montaient avec beaucoup déquipements. Il y avait de la
fumée dans les escaliers, dans le couloir. Quand nous sommes
arrivés dans le hall, il était complètement détruit,
il y avait du verre et de leau partout» poursuit Ciara
Linnane.
«Nous étions complètement trempés. Nous
avons dû courir à travers le hall. Le bâtiment
était très instable, ils pensaient quil allait
seffondrer», a-t-elle ajouté.
Une demi-heure après, le même scénario sest
reproduit pour la deuxième tour, qui sest effondrée
comme un château de cartes, répandant des milliers de
tonnes de débris dans les rues environnantes. Un monstrueux
nuage de poussière recouvre alors tout le sud de lîle
de Manhattan.
Le bureau de la rédaction de lagence de presse AFX se
trouvait dans cette deuxième tour