Les articles au jour le jour/mercredi 12 septembre

Comme après la guerre
Les abords du World Trade Center à Manhattan étaient transformés en paysage lunaire. La ville est recouverte d’un nuage de poussière.


Un monstrueux nuage de poussière grise mêlé de gravats s'est propagé à haute vitesse dans les rues de Manhattan (Photo AFP)


Les abords de l'esplanade où s'élevaient les tours jumelles du World Trade Center se sont transformés en quelques secondes mardi en un paysage lunaire, submergé par les décombres et la poussière, selon des images vidéo amateur diffusées par CNN.
Ces images ont été tournées par un médecin, le Dr Mark Heath, qui était non loin des tours jumelles au moment où la deuxième s'est effondrée.
D'abord, ce fut un grondement sourd, le fracas des structures d'acier et de béton commençant à s'effondrer, puis un monstrueux nuage de poussière grise mêlé de gravas qui s'est propagé à haute vitesse dans les rues.
Le Dr Heath, parlant sans cesse dans le micro de sa petite caméra digitale, s'est mis à couvert derrière une voiture en stationnement, a laissé passer le nuage puis s'est relevé en continuant à filmer, découvrant un paysage ravagé, blanchi par la poussière, digne d'une zone de guerre.
Trottoirs, chaussée, murs, parcs, tout disparaît sous une épaisse couche grise.
Des pompiers qui étaient intervenus pour tenter de circonvenir les premiers sinistres apparaissent hagards, parfois blessés, comme sortant d'un épais brouillard.
A 17h00 locales, des incendies faisaient toujours rage dans le secteur, interdit à quiconque en raison du danger.
Un immeuble de 47 étages dans le complexe du World Trade Center s'est effondré quelques minutes plus tard.
La chaîne d'informations CNN avait indiqué un peu plus tôt que l'immeuble du 7, World Trade Center était en feu et menaçait de s'effondrer.

L’eau au compte-goutte
Les habitants des quartiers proches des tours jumelles du World Trade Center, totalement détruites par un double attentat, rentraient avec difficulté chez eux hier soir, leur périple compliqué par le périmètre de sécurité établi par la police, ont rapporté des témoins.
«Ils (les policiers) t'empêchent de passer d'un côté mais tu y arrives en traversant la rue», a raconté un témoin dont l'appartement se trouve à quelques centaines de mètres à vol d'oiseau du lieu de l'attentat, dans le sud-ouest de la ville adossé à la rivière Hudson.
«Il y a beaucoup de police, beaucoup de pompiers et beaucoup de poussière», décrit Danielle Tilkin, qui est restée calfeutrée dans son appartement et dont la rue, dans le même quartier de la ville, est totalement bloquée.
Pour l'heure, dans cette rue, l'électricité continue de fonctionner et l'eau ne sort qu'au compte-goutte des robinets. «Les pompiers ont dû pomper toute l'eau», raconte encore Danielle Tilkin, qui compte rester chez elle tant que le vent disperse la fumée et la poussière dans la direction opposée à son appartement.
A aucun moment on ne lui a demandé d'évacuer les lieux, a-t-elle indiqué. Véronique Dupont, une journaliste française qui partage le même appartement, a pu retourner chez elle après s'être rendue à son bureau sur Broadway pour tenter d'appeler ses parents en France. Sur l'autoroute qui longe le Hudson à l'ouest elle a pu voir des véhicules de l'Armée du Salut qui distribuent de la nourriture et de l'eau aux personnes qui le souhaitent.

Un calme étrange dans Manhattan
Il régnait une atmosphère étrange à Manhattan, quelques heures après l’attentat. Un calme semblait régner. «Il y a un sens de communauté» parmi les gens qui sont dans la rue, raconte Narelle Sissons. «Il y a plus de policiers que d'habitude mais pas des tonnes», a-t-elle souligné.
Le quartier est calme et de nombreux magasins ont décidé de baisser leur rideau. A l'inverse, des cafés et des bars ont fait le choix de rester ouvert et ont mis des pancartes pour inviter les gens à entrer.
Elle a également aperçu une longue colonne de camions poubelle -qui servent aussi à évacuer des gravats à New York - se diriger vers les lieux de l'attentat.
Narelle Sissons, comme nombre de ses amis, a passé une partie de la journée à répondre à des coups de téléphone inquiets de personnes de sa connaissance qui essaient d'en savoir plus sur des amis qui travaillaient dans les tours ou dans le quartier.
Près de douze heures après le double attentat qui a frappé le coeur financier de New York, les autorités de la ville se refusaient à tout bilan, mais de nombreux responsables craignaient que des milliers de personnes soient enterrées sous les décombres des deux tours du World Trade Center.
Un syndicat des pompiers a affirmé qu'au moins 200 pompiers pourraient avoir trouvé la mort, alors que le département de la police indiquait que 78 policiers étaient portés manquants.
Le seul chiffre à peu près certain est celui des 266 passagers et membres d'équipage qui se trouvaient à bord des quatre avions détournés par des commandos suicide présumés qui les ont projeté sur les tours jumelles du World Trade Center à New York, sur le Pentagone dans la banlieue de Washington et près de Pittsburgh (Pennsylvanie).
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