Lépreuve
de vérité pour Bush
Le président américain et son administration ont
été surpris par les attaques et longs à réagir.
Officiellement, pour des raisons de sécurité.

Le
président américain a tardé à réagir
hier (Photo AFP)
Le
président George W. Bush et son administration, sous très
haute protection, géraient hier dans une ambiance de guerre
les conséquences des attentats sans précédent
qui ont frappé New York et Washington.
Le président américain a rejoint hier soir la Maison
Blanche, après avoir passé cette journée dramatique
dans plusieurs Etats du pays, pour des raisons de sécurité
notamment.
En fait, le président George W. Bush en déplacement
et de nombreux hauts responsables muets, le pouvoir américain
a semblé flottant et pris au dépourvu hier face à
l'ampleur des attentats de New York et Washington.
Le chef de l'Etat s'est efforcé, dans deux brèves allocutions,
de donner l'impression qu'il maîtrisait la situation et a voulu
rassurer ses concitoyens, mais sans annoncer de décision concrète
en dehors d'une mise en «alerte maximale» des forces armées.
Pour corriger cette image un peu floue, les services du président
ont fait savoir que George W. Bush, qui se trouvait en Floride (sud-est)
hier matin lors des attentats, s'est ensuite rendu sur une base aérienne
militaire de Louisiane (sud), avant de partir pour la base d'Offutt,
dans le Nebraska (centre), siège du commandement stratégique
américain.
Depuis cette base, M. Bush a consulté par télé-conférence
les principaux membres de son cabinet et du Conseil national de sécurité
restés à Washington.
La sécurité du chef de l'Etat était le premier
argument évoqué par son entourage pour expliquer son
absence jusqu'à hier soir de la capitale.
Situation sous contrôle
Karen Hugues, l'un des conseillers politiques les plus proches du
président Bush, a donné, sept heures environ après
le début des événements, un premier compte-rendu
détaillé du travail de l'administration.
Le président, a-t-elle assuré, est resté en «communication
continue» avec le président Dick Cheney, ainsi qu'avec
des «membres clé» du Conseil national de sécurité
et du gouvernement.
Mme Hugues a laissé entendre que la protection du coeur de
la machine d'Etat américaine constituait une toute priorité,
comme en période de conflit.
Les services de sécurité américains «ont
immédiatement mis le président en sécurité,
ainsi que le vice-président, le président de la chambre
des Représentants (chambre basse du Congrès), les membres
du gouvernement et de hauts conseillers», a déclaré
Mme Hugues.
A la Maison Blanche, dont le personnel a été évacué
dans la matinée, le vice-président Cheney et la conseillère
présidentielle pour la sécurité nationale, Condoleezza
Rice, travaillent depuis une salle de haute sécurité,
a-t-elle indiqué.
Mme Hugues s'est toutefois efforcée de présenter une
situation grave mais sous contrôle, affirmant que «chaque
agence fédérale a mis en oeuvre dans la continuité
les plans pour que l'administration continue de fonctionner».
«Des
actes mauvais et méprisables»
Les attentats de New York et Washington ont fait «des milliers»
de morts, a déclaré hier soir le président américain
George W. Bush, tout en assurant que les activités fédérales
et économiques reprendraient normalement dès aujourdhui
aux Etats-Unis.
«Des milliers de vie ont soudain été coupées
par des actes mauvais, méprisables de terrorisme», a
dit le président, lors dune allocution télévisée
du bureau ovale de la Maison Blanche.
M. Bush a en outre affirmé que les Etats-Unis ne feront pas
de distinction entre les terroristes et ceux qui les protègent,
dans leur recherche des coupables des attentats.
«Nous ne ferons aucune distinction entre les terroristes qui
ont perpétré ces actions et ceux qui les protègent»,
a déclaré le président Bush. Selon lui, les terroristes
qui ont frappé New York et Washington «nont pas
réussi à ébranler les fondations de lAmérique».
Les activités du gouvernement fédéral reprendront
leur cours normal dès aujourdhui, a aussi indiqué
George W. Bush.
«Le fonctionnement de notre gouvernement continue sans interruption.
Les agences fédérales à Washington qui avaient
dues être évacuées mardi sont en train dêtre
rouvertes pour le personnel essentiel ce soir et seront ouvertes normalement
mercredi», a-t-il dit.
Tous les bâtiments officiels dans la capitale fédérale
avaient été évacués et fermés à
la suite des attentats qui ont frappé New York et Washington.
«Nos institutions financières restent solides et léconomie
américaine va tourner également normalement» aujourdhui,
a assuré enfin le président des Etats-Unis. Les marchés
financiers américains nont pas ouvert hier après
les attentats qui ont touché le coeur du quartier financier
de Wall Street à New York et devaient également rester
fermés aujourdhui.