Les articles au jour le jour/mercredi 12 septembre

L’épreuve de vérité pour Bush
Le président américain et son administration ont été surpris par les attaques et longs à réagir. Officiellement, pour des raisons de sécurité.


Le président américain a tardé à réagir hier (Photo AFP)


Le président George W. Bush et son administration, sous très haute protection, géraient hier dans une ambiance de guerre les conséquences des attentats sans précédent qui ont frappé New York et Washington.
Le président américain a rejoint hier soir la Maison Blanche, après avoir passé cette journée dramatique dans plusieurs Etats du pays, pour des raisons de sécurité notamment.
En fait, le président George W. Bush en déplacement et de nombreux hauts responsables muets, le pouvoir américain a semblé flottant et pris au dépourvu hier face à l'ampleur des attentats de New York et Washington.
Le chef de l'Etat s'est efforcé, dans deux brèves allocutions, de donner l'impression qu'il maîtrisait la situation et a voulu rassurer ses concitoyens, mais sans annoncer de décision concrète en dehors d'une mise en «alerte maximale» des forces armées.
Pour corriger cette image un peu floue, les services du président ont fait savoir que George W. Bush, qui se trouvait en Floride (sud-est) hier matin lors des attentats, s'est ensuite rendu sur une base aérienne militaire de Louisiane (sud), avant de partir pour la base d'Offutt, dans le Nebraska (centre), siège du commandement stratégique américain.
Depuis cette base, M. Bush a consulté par télé-conférence les principaux membres de son cabinet et du Conseil national de sécurité restés à Washington.
La sécurité du chef de l'Etat était le premier argument évoqué par son entourage pour expliquer son absence jusqu'à hier soir de la capitale.

Situation sous contrôle
Karen Hugues, l'un des conseillers politiques les plus proches du président Bush, a donné, sept heures environ après le début des événements, un premier compte-rendu détaillé du travail de l'administration.
Le président, a-t-elle assuré, est resté en «communication continue» avec le président Dick Cheney, ainsi qu'avec des «membres clé» du Conseil national de sécurité et du gouvernement.
Mme Hugues a laissé entendre que la protection du coeur de la machine d'Etat américaine constituait une toute priorité, comme en période de conflit.
Les services de sécurité américains «ont immédiatement mis le président en sécurité, ainsi que le vice-président, le président de la chambre des Représentants (chambre basse du Congrès), les membres du gouvernement et de hauts conseillers», a déclaré Mme Hugues.
A la Maison Blanche, dont le personnel a été évacué dans la matinée, le vice-président Cheney et la conseillère présidentielle pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, travaillent depuis une salle de haute sécurité, a-t-elle indiqué.
Mme Hugues s'est toutefois efforcée de présenter une situation grave mais sous contrôle, affirmant que «chaque agence fédérale a mis en oeuvre dans la continuité les plans pour que l'administration continue de fonctionner».

«Des actes mauvais et méprisables»
Les attentats de New York et Washington ont fait «des milliers» de morts, a déclaré hier soir le président américain George W. Bush, tout en assurant que les activités fédérales et économiques reprendraient normalement dès aujourd’hui aux Etats-Unis.
«Des milliers de vie ont soudain été coupées par des actes mauvais, méprisables de terrorisme», a dit le président, lors d’une allocution télévisée du bureau ovale de la Maison Blanche.
M. Bush a en outre affirmé que les Etats-Unis ne feront pas de distinction entre les terroristes et ceux qui les protègent, dans leur recherche des coupables des attentats.
«Nous ne ferons aucune distinction entre les terroristes qui ont perpétré ces actions et ceux qui les protègent», a déclaré le président Bush. Selon lui, les terroristes qui ont frappé New York et Washington «n’ont pas réussi à ébranler les fondations de l’Amérique».
Les activités du gouvernement fédéral reprendront leur cours normal dès aujourd’hui, a aussi indiqué George W. Bush.
«Le fonctionnement de notre gouvernement continue sans interruption. Les agences fédérales à Washington qui avaient dues être évacuées mardi sont en train d’être rouvertes pour le personnel essentiel ce soir et seront ouvertes normalement mercredi», a-t-il dit.
Tous les bâtiments officiels dans la capitale fédérale avaient été évacués et fermés à la suite des attentats qui ont frappé New York et Washington.
«Nos institutions financières restent solides et l’économie américaine va tourner également normalement» aujourd’hui, a assuré enfin le président des Etats-Unis. Les marchés financiers américains n’ont pas ouvert hier après les attentats qui ont touché le coeur du quartier financier de Wall Street à New York et devaient également rester fermés aujourd’hui.
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