Des
dollars par milliards
Face aux dégâts sans précédent, les
assureurs sont en première ligne. Ils devront verser des milliards
de dollars dindemnités.

Assureurs
et réassureurs sont confrontés à des niveaux
dindemnisation qui les mettent en danger (Photo AFP)
Les
assureurs frôlent la crise de nerfs. Les assureurs mondiaux,
qui évaluent à des milliards de dollars les destructions
liées aux attentats aux Etats-Unis, seront en première
ligne pour indemniser les victimes et rembourser les dégâts,
ce qui a provoqué hier la chute des cours des plus grands groupes
du secteur.
La destruction des deux tours du World Trade Center de New York, entraînera
«plusieurs milliards de dollars de dégâts»,
a estimé Denis Kessler, président de la Fédération
française des sociétés dassurances (FFSA).
«Il sagit dun acte irrationnel, historiquement sans
précédent. Nous navons jamais eu à faire
face à un acte terroriste.»
«Cest le début dune crise politique et économique
de grande ampleur», a jugé pour sa part Jacques Blondeau,
PDG du groupe de réassurance français Scor.
Les réassureurs en première ligne
«Si vous demandez à un assureur la probabilité
dun tel événement, il vous répondra quelle
est nulle. Un assureur traite parfaitement les catastrophes naturelles,
les incendies, les événements statistiques
mais
là, ça ne relève pas de laléa, nous
sommes dans la volonté délibérée de détruire,
cest un acte de guerre», a ajouté Denis Kessler.Le
premier réassureur mondial, Munich Ré, a averti de son
côté depuis Munich que la facture lui incombant «pourrait
être considérable», tout en jugeant que sa situation
financière ne serait pas en danger. «Mais lévaluation
précise des dégâts ne sera pas possible dans les
prochains jours car il sagit de savoir ce quil y avait
et combien de gens étaient dans le World Trade Center et dans
les avions qui sy sont écrasés.»
«La question qui se pose est surtout celle de lexposition
des groupes de réassurance», qui assurent eux-mêmes
les assureurs, a expliqué le porte-parole dAxa, Christophe
Dufraux. Qui devra payer? Selon Serge Osouf, directeur général
de Scor, la qualification des attentats sera déterminante :
les contrats dassurance classiques excluent pour la plupart
le terrorisme.
Toutefois, si Washington adopte la qualification dacte de guerre,
«on peut imaginer une éventuelle prise en charge par
les pouvoirs publics américains». Les Etats-Unis ne connaissent
pas de système dindemnisation comparable au Fonds de
garantie des victimes des actes de terrorisme, créé
en France en 1986 et qui bénéficie aux victimes dattentats.
Les
marchés financiers pris de panique
Les marchés mondiaux ont reçu hier un formidable coup
de massue. Les actions étaient en chute libre alors que le
dollar reculait et que les cours du pétrole et de lor
flambaient.
Abasourdis par les images que retransmettaient en direct les télévisions
américaines, les milieux financiers du monde entier, dans un
climat de panique, ont eu les mêmes réflexes : vendre
les actions et le dollar et acheter de lor, longtemps considéré
comme une valeur refuge en période troublée. Le prix
de lonce a bondi de 20 dollars à 291 dollars, son plus
haut niveau depuis juin 2000.
Les places européennes ont plongé, cédant entre
7 et 10% à la clôture. Paris qui était en hausse
de 1,15% juste avant les événements américains,
a terminé sur une perte de 7,39%, Les valeurs de groupes ayant
des intérêts aux Etats-Unis ont été particulièrement
touchées comme Vivendi (-5,4%), Danone (-6%), Alcatel (-11,8%)
ou lOréal (-11%), mais aussi celles des compagnies dassurances
et de réassurances. A Paris, Axa a abandonné plus de
13%, la Coface 22,95%, la Scor 15%. Les compagnies aériennes
ont également été violemment attaquées
: à Paris Air France reculait de 16,3% et Amadeus de 18,8%.
Le pétrole remonte
En revanche les valeurs pétrolières ont gagné
un peu de terrain en osmose avec la hausse du brut. Les milieux financiers
attendent avec appréhension la réaction de Wall Street
quand cette dernière rouvrira ses portes. Car chacun craint
maintenant une perte de confiance des investisseurs et une chute du
moral des consommateurs qui conduirait léconomie vers
une nouvelle crise.

Toutes
les places boursières ont accusé un sévère
recul hier. Premiers visés, les assureurs ainsi que les sociétés
qui ont des intérêts aux Etats-Unis (photo AFP)
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