Les articles au jour le jour/mercredi 12 septembre

Des dollars par milliards
Face aux dégâts sans précédent, les assureurs sont en première ligne. Ils devront verser des milliards de dollars d’indemnités.


Assureurs et réassureurs sont confrontés à des niveaux d’indemnisation qui les mettent en danger (Photo AFP)


Les assureurs frôlent la crise de nerfs. Les assureurs mondiaux, qui évaluent à des milliards de dollars les destructions liées aux attentats aux Etats-Unis, seront en première ligne pour indemniser les victimes et rembourser les dégâts, ce qui a provoqué hier la chute des cours des plus grands groupes du secteur.
La destruction des deux tours du World Trade Center de New York, entraînera «plusieurs milliards de dollars de dégâts», a estimé Denis Kessler, président de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA). «Il s’agit d’un acte irrationnel, historiquement sans précédent. Nous n’avons jamais eu à faire face à un acte terroriste.»
«C’est le début d’une crise politique et économique de grande ampleur», a jugé pour sa part Jacques Blondeau, PDG du groupe de réassurance français Scor.

Les réassureurs en première ligne

«Si vous demandez à un assureur la probabilité d’un tel événement, il vous répondra qu’elle est nulle. Un assureur traite parfaitement les catastrophes naturelles, les incendies, les événements statistiques… mais là, ça ne relève pas de l’aléa, nous sommes dans la volonté délibérée de détruire, c’est un acte de guerre», a ajouté Denis Kessler.Le premier réassureur mondial, Munich Ré, a averti de son côté depuis Munich que la facture lui incombant «pourrait être considérable», tout en jugeant que sa situation financière ne serait pas en danger. «Mais l’évaluation précise des dégâts ne sera pas possible dans les prochains jours car il s’agit de savoir ce qu’il y avait et combien de gens étaient dans le World Trade Center et dans les avions qui s’y sont écrasés.»
«La question qui se pose est surtout celle de l’exposition des groupes de réassurance», qui assurent eux-mêmes les assureurs, a expliqué le porte-parole d’Axa, Christophe Dufraux. Qui devra payer? Selon Serge Osouf, directeur général de Scor, la qualification des attentats sera déterminante : les contrats d’assurance classiques excluent pour la plupart le terrorisme.
Toutefois, si Washington adopte la qualification d’acte de guerre, «on peut imaginer une éventuelle prise en charge par les pouvoirs publics américains». Les Etats-Unis ne connaissent pas de système d’indemnisation comparable au Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme, créé en France en 1986 et qui bénéficie aux victimes d’attentats.

 

Les marchés financiers pris de panique
Les marchés mondiaux ont reçu hier un formidable coup de massue. Les actions étaient en chute libre alors que le dollar reculait et que les cours du pétrole et de l’or flambaient.
Abasourdis par les images que retransmettaient en direct les télévisions américaines, les milieux financiers du monde entier, dans un climat de panique, ont eu les mêmes réflexes : vendre les actions et le dollar et acheter de l’or, longtemps considéré comme une valeur refuge en période troublée. Le prix de l’once a bondi de 20 dollars à 291 dollars, son plus haut niveau depuis juin 2000.
Les places européennes ont plongé, cédant entre 7 et 10% à la clôture. Paris qui était en hausse de 1,15% juste avant les événements américains, a terminé sur une perte de 7,39%, Les valeurs de groupes ayant des intérêts aux Etats-Unis ont été particulièrement touchées comme Vivendi (-5,4%), Danone (-6%), Alcatel (-11,8%) ou l’Oréal (-11%), mais aussi celles des compagnies d’assurances et de réassurances. A Paris, Axa a abandonné plus de 13%, la Coface 22,95%, la Scor 15%. Les compagnies aériennes ont également été violemment attaquées : à Paris Air France reculait de 16,3% et Amadeus de 18,8%.

Le pétrole remonte

En revanche les valeurs pétrolières ont gagné un peu de terrain en osmose avec la hausse du brut. Les milieux financiers attendent avec appréhension la réaction de Wall Street quand cette dernière rouvrira ses portes. Car chacun craint maintenant une perte de confiance des investisseurs et une chute du moral des consommateurs qui conduirait l’économie vers une nouvelle crise.

 


Toutes les places boursières ont accusé un sévère recul hier. Premiers visés, les assureurs ainsi que les sociétés qui ont des intérêts aux Etats-Unis (photo AFP)

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