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Comment réagissent les enfants aux attentats américains,
quasiment vécus en direct à la télévision,
et dont les images inondent depuis plusieurs jours les chaînes
de télé qui bousculent leurs programmes. Selon le professeur
Marcel Rufo, pédopsychiatre marseillais, il ne faut surtout
pas hésiter à parler avec les enfants du drame des attentats
aux Etats-Unis. Le psychiatre, auteur de nombreux ouvrages sur les
difficultés de l'enfance, estime que petits comme grands doivent
échanger leurs impressions sur ces événéments.
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Que
peut ressentir un enfant devant le drame américain ?
Marcel Rufo : « Le plus menaçant pour eux,
c'est l'inconnu, ne pas savoir qui a fait ça. Il y a une transposition
vraiment très anxieuse chez les enfants qui se demandent si
« ils » vont venir attaquer leur ville, attaquer
chez eux. On assiste à une sorte d'identification new-yorkaise.
Les parents ne doivent donc pas s'étonner s'il y a des troubles
du sommeil, si des enfants veulent fermer les fenêtres ou vérifient
les serrures. Les petits sont aussi troublés devant ce jeu
de démolition qui se passe avec des vivants. Il faut vraiment,
se disent-ils, que les grands soient devenus fous pour faire ce que
nous on joue. »
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Comment
aborder ces événements avec les enfants ?
M.R. : « Il faut vivre ce moment historique et tragique
en essayant d'en parler beaucoup pour éviter qu'il ne soit
envahissant au niveau de l'anxiété. Rien que dire à
son enfant : « je veux parler de ça avec toi »,
c'est déjà pas mal. Pour les plus petits, on peut leur
demander de dessiner ce qu'ils ont compris. On peut aussi suggérer
que l'horreur ne répondra pas forcément à l'horreur,
que ce sont peut-être des fous qui sont à l'origine de
tout ça. De leur côté, les enseignants peuvent
dévier l'horreur de l'actuel, en disant que des choses aussi
graves sont déjà arrivées, que les Américains
rebâtiront des tours et que les gens retourneront dans le sud
de Manhattan. Il faut anticiper sur la vie qui reprendra. »
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Faut-il
dire toute la vérité ?
M.R. : « Mieux vaut éviter de cacher des événements
douloureux car on sait bien que ça ressurgit plus tard dans
une circonstance de la vie quotidienne. Et puis, par certains aspects,
l'actualité colmate l'horreur au niveau psychologique. L'enfant
se dit : informez-moi le plus possible afin que j'ai moins peur.
On peut donc en dire le maximum, mais en évitant la délectation
morbide. Reste le plus difficile pour les familles : faire face
aux pressions religieuses qui feront qu'on se sentira tantôt
coupable, tantôt agressé. »
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