Les articles au jour le jour/vendredi 14 septembre

  • Quand la réalité rejoint l'horreur de la fiction
  • Deux avions de ligne qui percutent et détruisent le World Trade Center, un troisième sur le Pentagone, coeur de la défense américaine: la dramatique réalité des attentats de New York et Washington a rejoint mardi la fiction des best-sellers du «thriller technologique».

    Le scénario d'une attaque terroriste sur New York n'est pas nouveau : dès 1984, le tandem franco-américain Dominique Lapierre et Larry Collins en avait dressé le tableau dans un roman à succès, «Le Cinquième Cavalier». L'ouvrage mettait en scène une course contre la montre pour empêcher l'explosion au coeur de «Big Apple» d'une bombe atomique dissimulée par des sbires du colonel libyen Kadhafi.

    Le «techno-thriller» a pris ensuite son essor, avec le succès des romans de l'Américain Tom Clancy.
    D'abord axé sur l'espionnage - son best-seller «Octobre rouge», a fait le bonheur d'Hollywood avec Sean Connery en amiral soviétique passant à l'Ouest avec armes et sous-marin -, l'auteur a négocié le tournant de l'après-guerre froide en recentrant ses intrigues autour des menaces terroristes.

    A posteriori, ses ouvrages font froid dans le dos: dès 1994, Tom Clancy anticipe en effet dans «Dette d'honneur» un scénario d'une proximité troublante avec l'attaque sans précédent qui a frappé mardi les centres névralgiques de l'hégémonie américaine.

    A l'issue d'une attaque au virus informatique contre Wall Street et d'une mini-guerre nippo-américaine aux îles Mariannes (Pacifique), un kamikaze japonais écrase le Boeing 747 qu'il pilote sur le Capitole à Washington. Le président des Etats-Unis et tous les membres du Congrès périssent: la première puissance mondiale est décapitée.
    Pire: en 1996, Tom Clancy récidive avec une suite ( «Sur ordre »), dans laquelle le nouveau pouvoir américain est confronté... à une attaque bactériologique au virus de la fièvre hémorragique d'Ebola fomentée par l'Iran.

    L'auteur avait auparavant déjà joué la carte du fléau nucléaire dans «La Somme de toutes les peurs» (1990): un commando extrémiste vitrifiait Denver (Colorado) en posant une bombe atomique dans le stade abritant la finale du Superbowl.

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