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Aujourd'hui,
à midi, nous serons tous Américains. Pendant trois minutes
de silence nous manifesterons notre compassion et notre solidarité
avec les Etats-Unis, victimes emblématiques du terrorisme.
Nous nous souviendrons aussi de ce qu'a fait ce pays pour préserver
notre liberté et combattre le nazisme, il y a plus d'un demi-siècle.
Et nous nous interrogerons sur ce que nous pouvons faire pour combattre,
avec lui, le fanatisme criminel qui nous menace tous. Jacques Chirac
l'a dit, hier, sur CNN, « la France sera à côté
des Etats-Unis quand il s'agira de sanctionner cette folie meurtrière »
qui a conduit aux attentats de New York et Washington. Malgré
tous les reproches que l'on peut adresser à la première
puissance mondiale, rien ne peut excuser l'attaque épouvantable
dont elle a été victime. Si l'on peut trouver des explications,
notamment dans l'attitude américaine au Proche-Orient, il faut
bien se persuader que les extrémistes qui ont commis ces attentats
mettent tout l'Occident dans le même sac. Et s'il se confirme
qu'Oussama ben Laden est à l'origine de l'opération,
alors nous sommes aussi sur la liste de ses cibles. Ce « fou
de Dieu », aux moyens considérables, a réussi
à fédérer plusieurs mouvements islamistes radicaux
et à les engager dans une véritable « guerre
sainte » contre tous ceux qu'il considère comme
« impurs ». L'Europe et la Russie en font partie,
comme les Etats-Unis et toutes les démocraties développées.
Au delà de la compassion, notre solidarité envers les
Etats-Unis devra se manifester concrètement. C'est à
dire militairement, dans un premier temps, puisqu'une riposte est
inévitable, et politiquement, dans un second temps, pour sanctionner
les Etats qui soutiennent ou tolèrent les organisations terroristes.
Il ne s'agit pas, pour autant, de faire n'importe quoi et de se ranger
sans réfléchir derrière la bannière étoilée.
Il faudra des preuves certaines de l'implication de tel ou tel mouvement
ou de tel ou tel pays, avant que ceux-ci soient frappés. Il
faudra aussi mesurer le degré de la riposte et déterminer
son but ultime. Il faudra enfin exposer à toute la communauté
internationale les raisons et les conséquences de cette intervention.
Le danger d'escalade dans la violence et d'incompréhension
de certains peuples ne peut être balayé d'un revers de
main. Ainsi, veillons à ne pas assimiler le terrorisme islamique
à l'ensemble du monde musulman. Ne rejetons pas non plus les
revendications palestiniennes à disposer d'un Etat et d'un
territoire digne de ce nom, ou celle de la Tchétchénie
et du Cachemire à disposer librement de leur avenir. Le terrorisme
se nourrit du fanatisme, religieux ou politique, mais il naît
de l'injustice. Ne l'oublions pas avant d'agir.
- GILLES
DAUXERRE
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