Meeting aérien de Boos


Un dossier de
François Henriot

La Patrouille fait
chanter ses réacteurs

Malgré quelques problèmes techniques, la Patrouille de France a pu s'entraîner, hier après-midi, à Boos. Les « chevaliers du ciel » reviennent ce lundi 4 juin pour le meeting.


Répétition de la Patrouille de France jeudi après-midi (photo Paris-Normandie/Jean-Marie Thuillier)

Hier, 10 h 30. Le premier des dix Alphajet de la Patrouille de France (PAF), celui du lieutenant-colonel Claude Saget, directeur des équipes de présentation de l'Armée de l'air, fait chanter ses réacteurs au-dessus de l'aéroport Rouen Vallée-de-Seine.
Nuages bas, panaches de condensation en bouts d'ailes, odeur de kérosène. L'agile petit jet bleu-blanc-rouge à ailes hautes se pose en douceur, en provenance de Salon-de-Provence. Portant le pantalon anti-G - qui aide le sang à irriguer le haut du corps - le lieutenant-colonel aux 8.200 heures de vol sur plus de 240 appareils commente : « C'est à une portée de mousquet : une petite heure de vol, en passant par Tours. »
La PAF vient à Boos prendre ses marques avant sa démonstration de lundi après-midi, en deuxième journée du meeting aérien concocté par Sylvain Richon et son équipe, en liaison avec la Direction de l'Aviation civile.
« Nous ne faisons jamais de démonstration sans prendre de repères au sol, en vol », explique Claude Saget.
La journée s'annonce complexe pour la PAF qui, le week-end dernier, évoluait devant quelque 200.000 personnes, sur la base américaine de Mildenhall, en Grande-Bretagne.
L'un de ses avions, le numéro 4, celui du capitaine Christophe Giraud, le commandant en second et « charognard », a subi une alerte de réacteur et s'est dérouté, comme il se doit accompagné d'un équipier, sur l'aéroport de Clermont-Ferrand. Avec lui, le transporteur Transall et ses dix tonnes de matériel.
Hommage à Normandie-Niemen
De plus, les six autres Alphajet en vol ce matin reconnaissent le site des Andelys : mardi matin, en quittant Rouen, ils défileront au-dessus du Château-Gaillard, en hommage à l'escadrille Normandie-Niemen et son héros Andelysien, Marcel Lefèvre, mort en Russie le matin même où les Alliés débarquaient sur les côtes de sa région natale.
Finalement, les six Alphajet touchent la piste de Boos peu avant midi. Le capitaine Gilles Combarieu, officier de relations publiques, a voyagé en place arrière. Il confie : « C'est vraiment impressionnant. Ils volent à trois mètres l'un de l'autre. Des brutes. On voit le ventre des avions, à presque les toucher : merveilleux. Et à basse altitude, ça bouge vraiment. Le pilote doit sans cesse corriger, agir, car l'avion n'est pas si stable qu'on pourrait le penser. »
Les Alphajet doivent absolument repérer. « La routine, c'est le danger, et les deux avions solo, en particulier, doivent bien matérialiser le site, pour leurs croisements : une mémorisation de ce jeudi pour lundi, avec le meeting de La Ferté-Allais au milieu, indique en souriant le commandant Yves Girard, 33 ans, leader de la PAF 2001,mais notre démonstration de lundi n'est pas hypothéquée par ce déroutement sur Clermont.
Et nous avons trois types de présentations possibles, toutes de 25 minutes, selon le plafond nuageux. Donc, cela ira ! Nous faisons face.
 »


Un briefing bluffant

Le capitaine Giraud a été conduit à Boos par son équipier, et l'appareil du lieutenant-colonel Saget est disponible : la PAF, en milieu d'après-midi, est donc prête à s'entraîner à huit avions. A une heure du décollage de 16 h 40, briefing, auquel Paris-Normandie a le privilège d'assister... en silence, portables coupés. Bluffant. Le leader, en tête de table, lit posément le déroulé de la mission de repérage-répétition, carte à hauteur des yeux, comme s'il volait déjà au-dessus de la région. "Je cadence, je cadence, encore, encore, et top...fumigènes!".
Les équipiers concernés donnent la réplique, précis, concis, à la seconde. Extraordinaire synthèse. Les hommes vivent leur vol, de la main, du bras, de tout le haut du corps. Le rythme est comparable à celui d'un briefing de chasse. D'ailleurs, les huit pilotes ont tous effectués des missions de guerre réelles : cent par exemple pour le commandant Girard, en Irak et en Bosnie...
"Et top pour présentation Concorde... Top pour Diamant...Top pour très grande flèche..." En dix minutes intense, une heures d'entraînement est revue!



Répétition de la Patrouille de France jeudi après-midi (photo Paris-Normandie/Jean-Marie Thuillier)

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