Le
Spitfire, la légende du ciel
Une douzaine de Spitfire ont rendez-vous avec les
Alpha Jet de la Patrouille de France dimanche 3 et lundi 4 juin à
Boos. Retour sur un avion mythique, héros de la Seconde Guerre
mondiale.

Nous
sommes fin juin 1940: sur les grandes nations de l'Europe entière,
flottent les sinistres oriflammes des totalitarismes, le nazisme en
première ligne, dont la force vient de mettre à genoux
la France. Une terre, une seule, demeure vraiment libre: la Grande-Bretagne.
Goering, le chef de la Luftwaffe allemande, a promis de la livrer à
Hitler, grâce à ses avions. Trois mois terribles plus tard,
il jette l'éponge. La DCA, les radars et la Royal Air Force (RAF,
l'aviation militaire) du Royaume Uni remportent la première victoire
du monde libre face au dictateur: la Bataille d'Angleterre. Hitler ne
s'en remettra pas, puisque la Grande-Bretagne sauvée servira
de base au futur grand débarquement allié en Normandie.
Un vrai pur sang
Les fabuleux gamins de la RAF - Britanniques rejoints par notamment
des Polonais, Tchèques, Sud-Africains, Français - chevauchèrent
souvent, durant cet insoutenable été 40, à un coup
d'aile de la Normandie, des chasseurs Supermarine Spitfire, littéralement
"cracheur de feu". Et le "Spit" entra dans la légende,
au fil de ses nombreuses versions de 1939 à 1945, et de celles
de ses moteurs 12 cylindres en V Rolls-Royce Merlin et Griffon. Pierre
Clostermann, l'as français de la Seconde Guerre mondiale avec
33 victoires à 24 ans, sera lui aussi à Rouen-Boos, dès
dimanche. Dans son "Grand cirque" dont la version complète
vient d'Ítre éditée chez Flammarion, cet impétueux
gaulliste écrit "Toute mon existence je me souviendrai de
mon premier contact avec le Spitfire... Avant d'enfiler le harnais du
parachute, je reste un instant à le contempler... les lignes
racées du fuselage, le moteur Rolls-Royce finement caréné,
un vrai pur sang..." Pas facile, peu rassurant ni confortable à
10.000 mètres d'altitude sans cabine pressurisée - le
pilote respire de l'oxygène pur - le Spitfire est un mélange
subtil de force et de finesse, d'une beauté intemporelle, avec
d'inoubliables ailes elliptiques.
Un Spit biplace
Deux Spitfire s'étaient posés à Boos, il y a six
ans, au meeting des Avions de légende. Ils seront donc six fois
plus nombreux ce week-end de PentecÙte sur l'aéroport Rouen vallée
de Seine. Parmi eux, l'unique Spit biplace au monde, mené par
l'unique femme pilote de Spit, Carolyn Grace. Un vétéran
qui, le 6 juin 1944, a abattu un bimoteur Junkers 88 allemand au-dessus
du sol de la Normandie.
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une de Paris-Normandie