COUPE DE FRANCE

32ème de finale

L'équipe de Dieppe

L'équipe de Metz

 

Mickaël

Portraits croisés

Les frères Baticle ont grandi

ARTICLE PARU DANS PARIS-NORMANDIE LE VENDREDI 19 JANVIER

Gérald

Françoise et Daniel Baticle descendront les pistes de Vallouise un peu plus tard qu'ils ne l'avaient prévu au moment de la réservation de leur location. Les parents de Mickaël, le Dieppois, et de Gérald, le Messin, ont retardé d'une journée leur départ pour la montagne afin d'assister au match de Coupe de France qui opposera leurs fils samedi. «La voiture sera chargée et nous partirons directement de Dieppe après le match», explique Daniel Baticle, qui réside à Clairy-Saulchoix dans la Somme. «Je crois que cette rencontre sera un grand souvenir pour nous comme pour eux. Nous serons une dizaine de la famille à les soutenir, tous les deux.»

Les frères Baticle ont hérité leur talent de footballeur de leur père, un véritable amoureux du ballon rond dont les espoirs de carrière au plus haut niveau se sont évanouis dans l'adolescence. «Je n'ai joué qu'une saison à Breteuil dans l'Oise. On parlait de moi dans les journaux locaux. Je m'entraînais avec les grands de DH. J'ai même gagné un concours organisé par José Broissart. Malheureusement mon père ne voulait pas que je fasse du foot. A quatorze ans et demi, je suis partis comme apprenti boulanger. Quelques mois plus tard, j'ai eu un accident de mobylette et je n'ai rejoué que 10 ans après, en deuxième division de district

Daniel Baticle a toujours entretenu l'intérêt de ses fils pour le football, espérant qu'ils parviendraient à réussir là où il avait échoué. «Dans une pâture, j'avais installé quelques piquets pour qu'ils tournent autour. Au lieu de faire n'importe quoi, je préférais qu'ils travaillent leur conduite de balle.»

Acharnés du ballon rond, Gérald, l'aîné (NDLR: né le 10 septembre 69) et son «petit frère» (NDLR : né le 16 février 1971) avaient transformé une porte de la maison en but. «Il tiraient depuis la route mais ce n'était pas dangereux car il n'y avait pas trop de circulation et on voyait les voitures arriver de loin.»

Lorsqu'ils évoluaient en pupilles à Quevauvillers, les frangins étaient très complémentaires. «Gérald qui était plus fort techniquement faisait la différence et donnait le ballon à Mickaël pour qu'il marque.»

Plus jeunes, Mickaël et Gérald (à droite) envacances familiales aux sports d'hiver...

Un an et demi plus vieux que son frère, Gérald a rapidement manisfesté le désir de devenir joueur pro. Une seule fois, il a cédé au découragement. «Il avait 15 ans et ne jouait que dans l'équipe B des cadets d'Amiens. Pendant deux mois, il voulu devenir apprenti boulanger, j'ai refusé et l'ai poussé à s'accrocher. Le foot, il adorait vraiment ça. Dès lors qu'il a eu 12-13 ans, il refusait de venir en vacances avec nous parce qu'il ne voulait pas rater la reprise de l'entraînement le 15 août

Mickaël Baticle n'est pas parvenu à grimper si haut dans la hiérarchie, sans doute explique son père «parce qu'il était moins sérieux.» Par tradition familiale, il a appris la boulangerie, obtenu un brevet de maîtrise à l'armée. Mais les démons du football le poursuivaient encore. «Je lui ai conseillé de s'orienter vers un diplôme d'éducateur. Il est reparti dans cette branche et a joué à Abbeville avant d'aller à Dieppe. Je crois qu'il est maintenant content de son sort.»

Alain Geslin

 

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