COUPE DE FRANCE

32ème de finale

L'équipe de Dieppe

 

Jonathan Mortoire

L'ouvrier courtisé par les clubs pros

ARTICLE PARU DANS PARIS-NORMANDIE LE JEUDI 18 JANVIER

 

 

«On le chambre bien un peu, parfois...Mais il a bon caractère et, lorsqu'il n'a pas vraiment été bon, il est le premier à le reconnaître. C'est un bon gars, jamais d'embrouille, qui fait sa part de boulot comme tout le monde...» Sur l'une des chaînes de l'usine Alpine de Dieppe, Dominique et Lory évoquent leurs débats passionnés d'après-match avec leur collègue Jonathan Mortoire, entre deux poses de joints de coffre. Supporters du FCD, ils ne manquent aucun match à domicile. «Jo nous raconte les déplacements. Il ne cherche pas forcément à se mettre en valeur. Ensuite, on parle des classements. Et du travail. Il ne bénéficie d'aucun avantage particulier parce qu'il est footballeur...», affirment-ils.

«Pour moi, c'est un ouvrier exactement comme les autres», ajoute son supérieur direct, Patrick Merault. «Le seul aménagement qu'il a demandé précédait le déplacement de Vannes. L'équipe est partie la veille. Mais il nous avait prévenus plusieurs semaines à l'avance.» Intérimaire, comme le furent avant lui Hamel et Trenchand, le benjamin de Dieppe n'aura pas l'occasion de retrouver ses camarades de l'usine Alpine avant la confrontation avec Metz. Mais il sait qu'ils seront dans les tribunes, et qu'ils le soutiendront tout au long de cette rencontre qui l'obsède, depuis plusieurs semaines. «C'est simple: je ne pense qu'à ça, avoue t-il. Et je suis confiant: on n'a rien à perdre dans un match comme celui-là.»

Le Havre et Caen s'intéressent à lui

A titre personnel, le jeune Dieppois aurait même plutôt tout à gagner : son potentiel et son talent, la puissance de son pied droit, ne sont pas passés inaperçus au Havre ni à Caen. Une bonne prestation face à Metz pourrait lui ouvrir de nouvelles perspectives... « Mon père, Patrice, avait été repéré par un club de renom alors qu'il jouait à Arques et Saint-Nicolas-d'Aliermont, indique le milieu de terrain. Cela ne s'était pas fait. Mais il m'a transmis sa passion pour le foot lorsque, tout môme, je le suivais sur les terrains. »

«Né dans une famille de foot» (son grand-père a arbitré, ses trois tantes ont pratiqué le football féminin, ses petits frères Morgan, 13 ans, et Loïc, 8 ans, chaussent les crampons à Arques et à Martin-Eglise avec Carlos Moreira), Jonathan Mortoire a débuté «avant l'âge», à 6 ans, à Ancourt. Il a ensuite joué à Arques, avant de signer au FCD où il vit sa seconde saison. «Il y a une super ambiance», souligne le Dieppois, très copain avec Carlos Moreira, Cyrille Biville, Sébastien Parmentier et Sébastien Trenchand, avec qui il passe ses après-midis de détente à parler, évidemment, de sport.

Franck Boitelle.