|
«On le chambre bien un peu, parfois...Mais
il a bon caractère et, lorsqu'il n'a pas
vraiment été bon, il est le premier
à le reconnaître. C'est un bon gars,
jamais d'embrouille, qui fait sa part de boulot
comme tout le monde...» Sur l'une des chaînes de
l'usine Alpine de Dieppe, Dominique et Lory
évoquent leurs débats
passionnés d'après-match avec leur
collègue Jonathan Mortoire, entre deux poses
de joints de coffre. Supporters du FCD, ils ne
manquent aucun match à domicile.
«Jo nous raconte les
déplacements. Il ne cherche pas
forcément à se mettre en valeur.
Ensuite, on parle des classements. Et du travail.
Il ne bénéficie d'aucun avantage
particulier parce qu'il est
footballeur...»,
affirment-ils.
«Pour moi, c'est un ouvrier exactement
comme les autres»,
ajoute son supérieur direct, Patrick
Merault. «Le seul
aménagement qu'il a demandé
précédait le déplacement de
Vannes. L'équipe est partie la veille. Mais
il nous avait prévenus plusieurs semaines
à l'avance.»
Intérimaire, comme le furent avant lui Hamel
et Trenchand, le benjamin de Dieppe n'aura pas
l'occasion de retrouver ses camarades de l'usine
Alpine avant la confrontation avec Metz. Mais il
sait qu'ils seront dans les tribunes, et qu'ils le
soutiendront tout au long de cette rencontre qui
l'obsède, depuis plusieurs semaines.
«C'est simple: je ne
pense qu'à ça, avoue t-il. Et je suis confiant: on n'a rien à
perdre dans un match comme
celui-là.»
Le Havre et Caen
s'intéressent à lui
A titre personnel, le jeune
Dieppois aurait même plutôt tout
à gagner : son potentiel et son talent, la
puissance de son pied droit, ne sont pas
passés inaperçus au Havre ni à
Caen. Une bonne prestation face à Metz
pourrait lui ouvrir de nouvelles perspectives...
« Mon père,
Patrice, avait été
repéré par un club de renom alors
qu'il jouait à Arques et
Saint-Nicolas-d'Aliermont, indique le milieu de
terrain. Cela ne s'était pas fait. Mais il
m'a transmis sa passion pour le foot lorsque, tout
môme, je le suivais sur les
terrains. »
«Né dans une famille de
foot» (son
grand-père a arbitré, ses trois
tantes ont pratiqué le football
féminin, ses petits frères Morgan, 13
ans, et Loïc, 8 ans, chaussent les crampons
à Arques et à Martin-Eglise avec
Carlos Moreira), Jonathan Mortoire a
débuté «avant l'âge», à 6 ans, à Ancourt.
Il a ensuite joué à Arques, avant de
signer au FCD où il vit sa seconde saison.
«Il y a une super
ambiance», souligne
le Dieppois, très copain avec Carlos
Moreira, Cyrille Biville, Sébastien
Parmentier et Sébastien Trenchand, avec qui
il passe ses après-midis de détente
à parler, évidemment, de
sport.
Franck Boitelle.
|