Les Performances

2000
des lycées

Ce que révélent les performances

Tassement des résultats à Dieppe, des écarts qui se creusent à Rouen, relative stabilité dans l’Eure: l’évaluation de la performance des lycées de la région révèle son lot de surprises.

«L’idée de palmarès, de classement des lycées n’a pas de sens. Ce qui nous intéresse c’est de comparer non pas les établissements entre eux mais l’évolution des performances de chaque établissement au fil des ans». Comme le rappelle encore le recteur de l’académie de Rouen Paul Desneuf, l’exercice d’évaluation des lycées auquel s’adonne depuis sept ans l’Éducation nationale tient toujours du travail d’équilibriste.
Évaluer oui mais pas question de livrer en pâture aux parents et élèves le Sésame de la réussite scolaire. Soucieuse d’objectivité, l’Éducation nationale dresse à partir des résultats au baccalauréat, mais aussi de la proportion d’élèves portés jusqu’en terminale, un panorama objectif de l’effort de chaque lycée. Il tient compte à la fois de la spécificité du public qu’il accueille et de la sélection qui peut y être réalisée.
«Ces évaluations nous permettent d’agir. Nous évaluons ensuite les mesures à prendre, les moyens à mettre en place pour aider ceux qui semblent en difficulté» assure le recteur, se refusant pourtant à tirer publiquement le moindre enseignement de cette cuvée 2.000 dans la région.
Elle révèle pourtant son lot de surprises.


LES VALEURS SÛRES


A la fois en termes de taux de réussite au bac et de formation des secondes jusqu’en terminale, ces lycées ont déjà une solide réputation d’excellence qui leur fait une nouvelle fois intégrer notre tableau d’honneur.
Au premier rang d’entre eux l’incontournable lycée Pierre Corneille (Rouen). Il améliore encore sa performance de 1999, avec pas moins de 96 % de réussite en série S et 94 % en série L. Il côtoie des habitués: les lycées François-1er (Le Havre), Guillaume le Conquérant (Lillebonne), et Galilée (Franqueville-Saint-Pierre), ce dernier progressant encore dans trois séries sur quatre.
La surprise de l’année dernière, l’établissement des Hauts de Rouen Gustave Flaubert, confirme. Ses taux de réussite sont tous au delà de ceux escomptés avec notamment un imposant 90 % dans la série S.
L’Eure disparaît en revanche du tableau d’honneur. Le lycée de Pont-Audemer Jacques Prévert paie là une légère contre-performance en S malgré un taux de réussite général encore positif avec 80 % contre 78 % attendu.


LA BONNE SURPRISE


Même s’il n’a pas réussi sur tous les tableaux — encore un peu juste en S et L — le lycée Barentinois Thomas Corneille tire admirablement son épingle du jeu. En ES et STT, ses taux de réussite atteignent 90 % contre respectivement 74 et 77 % prévus. Il se distingue également en obtenant le meilleur rapport d’accès des élèves de la seconde au bac.


LES PERFORMANCES


Plusieurs établissements brillent particulièrement dans certaines séries. A Bolbec par exemple le lycée Coubertin atteint un taux de réussite de 93 % pour ses STI. Même score pour les STT du lycée général et technologique de Saint-Valéry en Caux.
Travaillant sur des effectifs nettement moindres et pratiquant une sélection théoriquement proscrite dans le public, les établissements privés n’en démontrent pas moins toujours autant leur savoir-faire. Avec des taux de réussite parfois de sénateur notamment au lycée Fénelon (Elbeuf), Jean-Baptiste de la Salle (Rouen) ou à la Providence (Mesnil-Esnard).
A noter également des lycées qui, même si leurs performances globales n’atteignent pas encore les objectifs académiques — semblent redresser la barre. C’est le cas à Eu (Michel Anguier) et au Grand-Quevilly (Val de Seine).


LES DECEPTIONS


Dans les grandes villes haut-normandes, les performances 2.000 ont suscité quelques grimaces. A Rouen, le lycée Jeanne-d’Arc a dû essuyer un sévère 64 % de réussite en série L. La remontée des résultats en S n’a sans doute pas apaisé un sentiment de dépit dans cet établissement réputé pour ses filières littéraires. A ses côtés, Camille Saint-Saëns et Blaise Pascal réalisent des scores moyens, en deçà de la moyenne académique.
A Dieppe, le relatif affaiblissement de Jehan Ango atteint également Pablo Neruda et le lycée technique du Golf. A Evreux, Modeste Leroy peine toujours à atteindre les 65 % de réussite tandis qu’Aristide Briand ne parvient à atteint le taux académique attendu qu’en série S.

Thierry Delacourt.

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