Les effondrements
de marnières se multiplient actuellement à une cadence
infernale en Haute-Normandie. Une accélération de ce
phénomène anthropique due pour lessentiel à
un facteur aggravant: le temps. Celui qui passe et le temps quil
fait. Une addition temporelle dévastatrice: pluies régulières,
nappe phréatique et marnières vieillissantes ne font
pas bon ménage. Une querelle souterraine qui se termine parfois
par une tragédie, souvent par le plus grand désarroi
Le sous-sol des deux départements normands ressemble, dit-on,
à un gigantesque morceau de gruyère poinçonné
de cent quarante mille trous! Des cavités, creusées
par la main de lhomme, qui constituent aujourdhui une
véritable pollution.
Préfiguration de la culture intensive, les agriculteurs du
roi Soleil prenaient la craie dessous pour lépandre dessus.
Produire plus, déjà
Edifiant des galeries dans
ce creuset dengrais naturel exploité de façon
désordonnée jusquau XIXe siècle. Avec,
au bout du compte, peu de cartes ni repères, autre quun
arbre planté parfois pour marquer lentrée dun
puits. Le bouche à oreilles et la solidité des piliers
pour seule protection contre la malédiction des marnières.
Jusquà la prise de conscience préfectorale des
années quatre vingt dix. Seulement voilà, le temps fait
toujours son uvre.
Dossier réalisé par JEAN-PIERRE BOULAIS