Paris-Normandie
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L’accélération actuelle des effondrements constitue un risque omniprésent. Une marnière a tué, récemment. Désarroi, également, pour les particuliers confrontés à la proximité de cavités souterraines: l’état de catastrophe naturel n’est pas reconnu.

Vingt effondrements sont actuellement enregistrés quotidiennement en Haute-Normandie! «Il y a 15 ans, on n’en recensait que 4 environ!» Yves Blondel, du service aménagement du territoire de la Direction Départementale de l’Equipement (DDE) de Seine-Maritime, n’a quasiment jamais connu telle accélération. «Sauf, peut-être, en 1995, où une cinquantaine de maisons avaient été touchées sur le département...» Sous l’effet d’une pluviométrie hors norme, et du gonflement de nappes phréatiques dites «perchées», les sols gorgés d’eau s’alourdissent, pesant sur le toit de la chambres des marnières, ou minant les piliers qui, dans un effet «domino», s’effondrent… Risque omniprésent, donc, qui peut s’avérer tragique. A l’instar de ce funeste 31 mars dernier, où un jeune homme a été englouti, près de Neuville-sur-Authou, dans le cratère formé devant la maison de laquelle il sortait. Casse-tête juridique, le plus souvent, pour les familles confrontées à l’apparition de marnières sur leur terrain, où sous leur maison, puisque le risque de catastrophe naturelle ne joue pas, ces cavités étant imputables à la main de l’homme. A raison de 8.000 francs le sondage — une dizaine sont parfois nécessaires — et 800 F le m3 de comblement, la victime est rapidement désemparée…
Rigueur et précaution
«On vit en ce moment sous la pression du risque. C’est la raison pour laquelle les consignes de rigueur du préfet, en matière de principe de précaution, doivent être appliquées.» Depuis 1996, en effet, l’Etat impose un devoir d’information. Les maires doivent réaliser un inventaire sur leurs commune. Et dès qu’un indice se fait jour, plus question de construire autour d’un rayon de 60 mètres du point litigieux. Sauf si les contrôles s’avèrent négatifs, où si la cavité décelée est comblée. «Nous avons enregistrés environ 8.000 indices» indique Yves Blondel. Ce qui montre à quel point l’absence d’informations historiques pèse, puisque les estimations avancées tant dans l’Eure qu’en Seine-Maritime, tournent autour de 70.000 par département. «Le nombre de marnières recensées lors de la construction de l’autoroute A29, entre Le Havre et Yvetot est, à ce sujet, édifiant : 10 au kilomètre carré!»
Outre les conséquences de la météo, le vieillissement de l’essentiel des marnières creusées en Haute-Normandie arrivait-il à son terme? «J’ai tendance à le penser...» souligne Yves Blondel.
Désormais, dans l’Eure comme en Seine-Maritime, les services des la DDE s’attachent à constituer une base de données, inventaire informatique, qui, à terme, pourrait être consulté sur Internet. Un outil précieux, très attendu...

La pluie alourdit les sols, les piliers lâchent..