Les 24 Heures motonautiques
de Rouen

LA RONDE INFERNALE

Le monde les regarde

Le monde les regarde

Disputées aujourd’hui lundi 30 avril (départ à 16 heures) et demain mardi 1er mai, les 24 Heures motonautiques de Rouen,support du championnat du monde d’endurance, réunissent un plateau très relevé.
Depuis qu’ils ont été créés en 1964, les 24 Heures de Rouen ont couronné presque quatre-vingt pilotes. Les pionniers de cette course de légende, concentré de vitesse et d’audace, tels que les Guyard (2 succès) et les Jousseaume (3 victoires communs) dans les années soixante et soixante-dix ou encore André Larue, recordman du nombre de kilomètres parcourus avec 3.182 en 1993, et l’Italien Renato Molinari (4 victoires) resteront à jamais des figures de l’épreuve. Cependant, ils n’auront jamais coiffé la couronne mondiale qui aurait été la juste récompense de leur exploits à répétition autour de l’île Lacroix.


Grande fête populaire, les 24 Heures motonautiques attirent des centaines de milliers de personnes


En cette première année du troisième millénaire, l’injustice sera réparée non pas à l’égard de ces pilotes mais vis-à-vis de cette course de longue haleine, unique au monde. Pour la première fois, elle décernera, demain, un titre de champion du monde d’endurance. « Gagner les 24 Heures, ça représentait déjà quelque chose sur une carte de visite », admet François-Xavier Lebleu, le patron du Team Omega Compétition l’un des candidats à la couronne. « Mais avec cette reconnaissance des instances internationales, elle franchit un pas supplémentaire qui va encore renforcer la motivation des concurrents. »
Le label attise la performance
Pas toujours palpable en dehors de l’agglomération rouennaise, l’intérêt des 24 Heures n’échappent pas aux Américains ni aux Japonais, beaucoup plus nombreux à se connecter sur le site de l’épreuve l’an passé que les Français. Ce label mondial va très certainement encourager les motoristes et les fabricants de coques à accentuer leurs recherches pour présenter des bateaux plus performants encore. « Les constructeurs seront plus impliqués du fait des retombées médiatiques. Mercury viendra plus fort l’an prochain», raconte Jean-Vital Deguisne, trois fois victorieux de l’épreuve.
Ce spécialiste de vitesse, néanmoins très attachés aux 24 Heures de Rouen, estime cependant que l’attribution d’un titre mondial sur une seule course ne reflète pas la réalité. « Le championnat du monde de F1 (NDLR: vitesse) se déroule sur 12 épreuves. Il faudrait que celui d’endurance en comprenne au moins trois ou quatre. Et pas forcément de 24 Heures, mais de 6, 8 ou 12 heures par exemple. Je trouve par ailleurs dommage que les trois pilotes d’un même équipage soient sacrés. Un seul devrait être titré. Pour ça il faudrait se mettre autour d’une table, discuter de critère de sélection. Aujourd’hui tout peut se calculer, comme les temps de passage de chacun par exemple.»
L’Union internationale de motonautisme a consenti des efforts pour valoriser encore plus les 24 Heures qui ne seront pas concurrencés cette année par un Grand Prix de F1. Quelques pilotes, spécialistes de vitesse, comme le Danois Gert Ladefoged, l’Italien Mario Roggiero et le Français Philippe Dessertenne seront de la partie pour animer la course sur la Seine.
A.G.


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