L'ÉCONOMIE -OCTOBRE 2001-
 

Alpine croit en son avenir à Dieppe

Le constructeur automobile dieppois attend beaucoup de Renault sports technologies, son nouveau partenaire. Mais sans nouveau modèle, l'avenir du site serait compromis.


L'usine Alpine de Dieppe vient d'investir dans une nouvelle chaîne de peinture anticorrosion pour les Méganes


«Je sais que nous aurons des passages difficiles, mais je ne suis pas inquiet. Le fait qu'Alpine soit rattaché à Renault sports technologies est un gage de pérennité ».
Philippe Berrubé, directeur d'Alpine, se veut rassurant sur l'avenir de la célèbre firme automobile fondée dans les années cinquante par Jean Rédélé. Pour preuve, les investissements qui viennent d'être engagés dans l'usine dieppoise (4 M F/0,61 M €) : « il s'agit d'assurer la protection anticorrosion des carrosseries qui seront désormais garanties douze ans, comme l'ensemble de la gamme Renault », indique Philippe Berrubé.

L'espoir d'un coupé sportif

Mais le gros projet à venir - la construction d'une tôlerie de transformation - devrait donner le signal d'un nouveau départ. Dans le cadre de Renault sport technologies (RTS), Alpine entend bien se positionner comme site de production d'un futur coupé sportif.

Lancée il y a deux ans par Renault, l'idée de ce petit modèle baptisé PCS, a été abandonnée. « Mais un projet similaire va revenir à l'ordre du jour courant 2002 », assure Philippe Berrubé. Qui ajoute : « le lancement de ce modèle est compatible avec nos projets industriels ». D'où, selon lui, la nécessité pour Alpine de se préparer à cette échéance.

De son côté, le constructeur dieppois a, d'ores et déjà, pris la précaution de se porter acquéreur de l'actuel stade de football situé dans le périmètre de l'usine. « Nous négocions avec la ville le rachat de ce terrain qui nous permettra de disposer, le moment venu, d'une réserve foncière de 23.000 m2 », observe le directeur. L'objectif est de se doter sur place d'une unité de tôlerie de transformation avec protection cataphorèse.

Un projet ambitieux qu'Alpine compte bien mener à son terme. Il en va de l'avenir de l'entreprise et de l'emploi (420 salariés, hors intérimaires). « Avec l'arrêt définitif de l'Espace en juillet 2002, nous risquons de connaître une baisse d'activité dans les prochains mois », reconnaît en effet Philippe Berrubé. Actuellement, l'usine dieppoise en produit 35 par jour.

D'autant que l'arrêt de la Mégane cabriolet (50 véhicules/jour) et de la Clio RS (50/jour) est déjà programmé : fin 2003 pour la première, fin 2004 pour la seconde. On peut donc s'attendre à des répercussions importantes, si. Si un nouveau modèle ne prend pas la relève.

« Renault sport technologies commence à prendre son essor. Nous avons beaucoup d'espoirs de faire avancer nos projets », positive Philippe Berrubé. « Le fait de ne pas pouvoir s'agrandir a été un handicap à une époque. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Il faut maintenant qu'on avance ».

REMY LEBEL

 

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