Alpine
croit en son avenir à Dieppe
Le
constructeur automobile dieppois attend beaucoup de Renault
sports technologies, son nouveau partenaire. Mais sans nouveau
modèle, l'avenir du site serait compromis.

L'usine
Alpine de Dieppe vient d'investir dans une nouvelle chaîne
de peinture anticorrosion pour les Méganes
«Je sais que nous aurons des passages difficiles, mais
je ne suis pas inquiet. Le fait qu'Alpine soit rattaché
à Renault sports technologies est un gage de pérennité ».
Philippe Berrubé, directeur d'Alpine, se veut rassurant
sur l'avenir de la célèbre firme automobile fondée
dans les années cinquante par Jean Rédélé.
Pour preuve, les investissements qui viennent d'être engagés
dans l'usine dieppoise (4 M F/0,61 M €) :
« il s'agit d'assurer la protection anticorrosion
des carrosseries qui seront désormais garanties douze
ans, comme l'ensemble de la gamme Renault »,
indique Philippe Berrubé.
L'espoir d'un coupé sportif
Mais le gros projet à venir - la construction d'une
tôlerie de transformation - devrait donner le signal
d'un nouveau départ. Dans le cadre de Renault sport technologies
(RTS), Alpine entend bien se positionner comme site de production
d'un futur coupé sportif.
Lancée il y a deux ans par Renault, l'idée de
ce petit modèle baptisé PCS, a été
abandonnée. « Mais un projet similaire
va revenir à l'ordre du jour courant 2002 »,
assure Philippe Berrubé. Qui ajoute : « le
lancement de ce modèle est compatible avec nos projets
industriels ». D'où, selon lui, la nécessité
pour Alpine de se préparer à cette échéance.
De son côté, le constructeur dieppois a, d'ores
et déjà, pris la précaution de se porter
acquéreur de l'actuel stade de football situé
dans le périmètre de l'usine. « Nous
négocions avec la ville le rachat de ce terrain qui nous
permettra de disposer, le moment venu, d'une réserve
foncière de 23.000 m2 », observe
le directeur. L'objectif est de se doter sur place d'une unité
de tôlerie de transformation avec protection cataphorèse.
Un projet ambitieux qu'Alpine compte bien mener à son
terme. Il en va de l'avenir de l'entreprise et de l'emploi (420
salariés, hors intérimaires). « Avec
l'arrêt définitif de l'Espace en juillet 2002,
nous risquons de connaître une baisse d'activité
dans les prochains mois », reconnaît en
effet Philippe Berrubé. Actuellement, l'usine dieppoise
en produit 35 par jour.
D'autant que l'arrêt de la Mégane cabriolet (50
véhicules/jour) et de la Clio RS (50/jour) est déjà
programmé : fin 2003 pour la première, fin
2004 pour la seconde. On peut donc s'attendre à des répercussions
importantes, si. Si un nouveau modèle ne prend pas la
relève.
« Renault sport technologies commence à prendre
son essor. Nous avons beaucoup d'espoirs de faire avancer nos
projets », positive Philippe Berrubé. « Le
fait de ne pas pouvoir s'agrandir a été un handicap
à une époque. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
Il faut maintenant qu'on avance ».
REMY
LEBEL