Edouard
Leveau : "Un franc c'est un franc"

Edouard
Leveau dans la sérénité de son burau à
l'hôtel de ville, devant le portrait de Jacques Chirac
qu'il a fait poser
" Six ans pour remonter la ville après trente
ans de gestion communiste, je ne trouve pas que ce soit si long
que cela. On part de loin. ". Confortablement installé
dans le fauteuil de son prédécesseur, Edouard
Leveau se familiarise peu à peu avec ses nouvelles fonctions
de maire. Avec les dossiers aussi.
Au troisième étage de l'hôtel de ville,
rien n'a vraiment changé dans le bureau qu'occupait Christian
Cuvilliez, il y a encore sept mois. Le mobilier est le même.
Seul le décor témoigne d'un changement : la photo
officielle de Jacques Chirac trône désormais en
bonne place. " Le président n'était pas
là, dans la mairie ! ", s'indigne presque le
nouveau maître des lieux.Halte aux dépenses !
Contraint et forcé à la " retraite "
(il a cédé les rênes de sa société
d'armement à son fils), Edouard Leveau passe le plus
clair de ses journées à la mairie.
Sur son bureau, une pile de dossiers à examiner. A la
question : quel bilan tirez-vous de vos sept premiers mois de
mandat, le maire répond : " Les gens que je rencontre
me disent que la ville est plus propre. Il y a des travaux partout
pour réparer les chaussées et trottoirs. Il y
a beaucoup d'économies à faire, mais ces travaux
sont vraiment prioritaires ".
Economies ? Vous avez dit économies ? Pas besoin d'insister
pour lancer Edouard Leveau. Sur le sujet, il est intarissable.
" La situation de la ville est mauvaise, mais même
si elle était bonne il n'y aurait pas lieu de dépenser
anormalement et sans raison ", déclare-t-il
d'emblée. Une façon de revenir sur ses promesses
de limiter les frais à la mairie : " Vous savez,
lors des réceptions on peut remplacer le champagne par
du cidre. On peut aussi recevoir moins ".
Réduire
les impôts
Ce n'est pas tout. Sans attendre, le nouveau maire a mis un
" sérieux coup de frein - et ce n'est pas fini
! - à l'utilisation non justifiée des voitures
de la ville ". Tous les véhicules sont désormais
numérotés, y compris les deux Safrane du maire
et de son cabinet. " Des mauvaises habitudes s'étaient
installées. Avant mon arrivée, il n'était
pas rare de rencontrer des véhicules municipaux à
Nice ou dans les aéroports. Moi, quand je pars en vacances,
je prends ma voiture personnelle ".
Obsédé par les économies Edouard Leveau
? " Dès qu'il y a une dépense à
faire, je mets mon nez dedans. Je vais passer tous les secteurs
au peigne fin pour essayer de grappiller de l'argent. L'économie,
elle commence au premier franc ! ", assure-t-il. Mais
la démarche du maire s'inscrit dans une logique, celle
de réduire les impôts locaux. Une première
mesure a déjà été prise afin d'alléger
la pression fiscale des Dieppois les plus défavorisés.
Coût de l'opération pour le budget de la ville
: 900.000 francs.
Bientôt un " monsieur économies "
Pourra-t-il aller beaucoup plus loin ? " Maintenant
il faut commencer à diminuer les quatre taxes -Taxe professionnelle,
d'habitation, foncier bâti et non bâti-(Je ne sais
pas encore comment je vais faire mais je vais y arriver ",
promet le maire. Mais une chose est sûre : Edouard Leveau
entend respecter ses engagements : " Dans notre prochain
budget, en cours d'élaboration, nous allons faire un
petit geste en direction des contribuables. De tous. "
Preuve de sa détermination, il annonce le recrutement
prochain d'une pointure de la finance, une sorte de " monsieur
économie ". Sa mission consistera à vérifier
une à une la moindre dépense. " Ce fonctionnaire
ne dépendra pas de l'adjoint aux finances, mais directement
du maire et du directeur des services ", prévient
Edouard Leveau.
Rémy
Lebel