LA POLITIQUE -OCTOBRE 2001-
 

Edouard Leveau : "Un franc c'est un franc"


Edouard Leveau dans la sérénité de son burau à l'hôtel de ville, devant le portrait de Jacques Chirac qu'il a fait poser


" Six ans pour remonter la ville après trente ans de gestion communiste, je ne trouve pas que ce soit si long que cela. On part de loin. ". Confortablement installé dans le fauteuil de son prédécesseur, Edouard Leveau se familiarise peu à peu avec ses nouvelles fonctions de maire. Avec les dossiers aussi.

Au troisième étage de l'hôtel de ville, rien n'a vraiment changé dans le bureau qu'occupait Christian Cuvilliez, il y a encore sept mois. Le mobilier est le même. Seul le décor témoigne d'un changement : la photo officielle de Jacques Chirac trône désormais en bonne place. " Le président n'était pas là, dans la mairie ! ", s'indigne presque le nouveau maître des lieux.Halte aux dépenses !

Contraint et forcé à la " retraite " (il a cédé les rênes de sa société d'armement à son fils), Edouard Leveau passe le plus clair de ses journées à la mairie.

Sur son bureau, une pile de dossiers à examiner. A la question : quel bilan tirez-vous de vos sept premiers mois de mandat, le maire répond : " Les gens que je rencontre me disent que la ville est plus propre. Il y a des travaux partout pour réparer les chaussées et trottoirs. Il y a beaucoup d'économies à faire, mais ces travaux sont vraiment prioritaires ".

Economies ? Vous avez dit économies ? Pas besoin d'insister pour lancer Edouard Leveau. Sur le sujet, il est intarissable. " La situation de la ville est mauvaise, mais même si elle était bonne il n'y aurait pas lieu de dépenser anormalement et sans raison ", déclare-t-il d'emblée. Une façon de revenir sur ses promesses de limiter les frais à la mairie : " Vous savez, lors des réceptions on peut remplacer le champagne par du cidre. On peut aussi recevoir moins ".

Réduire les impôts

Ce n'est pas tout. Sans attendre, le nouveau maire a mis un " sérieux coup de frein - et ce n'est pas fini ! - à l'utilisation non justifiée des voitures de la ville ". Tous les véhicules sont désormais numérotés, y compris les deux Safrane du maire et de son cabinet. " Des mauvaises habitudes s'étaient installées. Avant mon arrivée, il n'était pas rare de rencontrer des véhicules municipaux à Nice ou dans les aéroports. Moi, quand je pars en vacances, je prends ma voiture personnelle ".

Obsédé par les économies Edouard Leveau ? " Dès qu'il y a une dépense à faire, je mets mon nez dedans. Je vais passer tous les secteurs au peigne fin pour essayer de grappiller de l'argent. L'économie, elle commence au premier franc ! ", assure-t-il. Mais la démarche du maire s'inscrit dans une logique, celle de réduire les impôts locaux. Une première mesure a déjà été prise afin d'alléger la pression fiscale des Dieppois les plus défavorisés. Coût de l'opération pour le budget de la ville : 900.000 francs.

Bientôt un " monsieur économies "


Pourra-t-il aller beaucoup plus loin ? " Maintenant il faut commencer à diminuer les quatre taxes -Taxe professionnelle, d'habitation, foncier bâti et non bâti-(Je ne sais pas encore comment je vais faire mais je vais y arriver ", promet le maire. Mais une chose est sûre : Edouard Leveau entend respecter ses engagements : " Dans notre prochain budget, en cours d'élaboration, nous allons faire un petit geste en direction des contribuables. De tous. " Preuve de sa détermination, il annonce le recrutement prochain d'une pointure de la finance, une sorte de " monsieur économie ". Sa mission consistera à vérifier une à une la moindre dépense. " Ce fonctionnaire ne dépendra pas de l'adjoint aux finances, mais directement du maire et du directeur des services ", prévient Edouard Leveau.

Rémy Lebel