LES TRANSPORTS -OCTOBRE 2001-
 

Le prolongement de la RN 27 enfin relancé


AAu moins 500 millions de Francs (76 224 508 €) seront nécessaires à la réalisation du tracé "A" (ci-dessus)


Si le feuilleton des liaisons maritimes entre Dieppe et l'Angleterre monopolise l'attention depuis le début de l'année, le projet de prolongement vers Dieppe de la route nationale 27 suit discrètement son bonhomme de chemin. Ainsi, l'achèvement de cette liaison routière rapide entre Dieppe et Rouen, soit une portion de douze kilomètres entre l'échangeur de Manéhouville et le centre ville de Dieppe, est en bonne voie. L'avant projet sommaire" est, depuis peu, sur le bureau du ministre de l'Equipement et des transports. Selon Pierre Leleu, chef du service Etudes et grands travaux de la DDE de Seine-Maritime, l'enquête publique pourrait démarrer l'été prochain.

Le décret d'utilité publique pourrait être pris en conseil d'Etat en 2003 ou 2004. Si "tout roule" comme prévu, les premières voitures pourraient circuler sur ce dernier tronçon à "caractéristiques autoroutières" d'ici 2006/2007. En attendant, la longue procédure administrative se poursuit. L'avant projet sommaire présente et compare une demi-douzaine de variantes à cette future double voie. Des travaux d'élargissement sur l'actuelle portion de RN 27 qui traverse Sauqueville et Saint-Aubin-sur-Scie (la "variante zéro") est impossible selon la DDE, du fait de l'urbanisation. Dans ce projet, les ingénieurs de la DDE insistent sur deux tracés jugés meilleurs que les autres, notamment le tracé "A", encore modulable dans un fuseau de 300 mètres de large. Le tracé de rechange "E", le préféré des agriculteurs, est jugé largement plus coûteux - car plus long - par la DDE. Le tracé "A" qui tient la corde contournerait l'actuelle RN 27 par l'est, via champs et prairies d'une demi-douzaine de communes dont celles d'Anneville-sur-Scie, Tourville-sur-Arques ou encore Arques-la-Bataille.

La contestation s'organise

Qui dit "projet de tracé" dit "contestataires". Ces derniers sont regroupés au sein d'une association de défense de l'environnement et de l'agriculture, présidée par Hubert Tesson, un cultivateur de Saint-Nicolas-d'Aliermont dont la propriété se trouve sur le tracé A. Ceux qui croyaient somnolente cette association créée en 1999 seront surpris d'apprendre qu'elle a désormais pris un avocat "pour suivre au plus près les suites du dossier", souligne Hubert Tesson, et intervenir auprès du conseil d'Etat si besoin.

Autre passage sensible, celui du bois d'Ecorchebœuf. La RN 27 longera le mur de l'Arche d'Ecorchebœuf, un établissement qui accueille 22 adultes handicapés. Le directeur Philippe Carpentier craint énormément les nuisance nocturnes. Bref, la lutte contre le tracé s'organise elle aussi. Cependant, on voit mal ces microconflits stopper (peut-être retarder) l'achèvement de la RN 27. Difficile, en effet, d'arrêter le progrès.

B. L.

Un viaduc de 500 m

Le coût total du tracé "A", le préférentiel, est évalué par l'Equipement à 500 millions de Francs (76 224 508 €). Les bandes de bitume serpenteront dans les champs pour passer à chaque fois"au plus loin des populations" précise la DDE.

Pierre Leleu rappelle que le tracé implique bien la construction d'un viaduc au dessus de la vallée de la Scie et peut-être même, à plus long terme, d'un deuxième accolé pour garder quatre voies à la liaison (deux voies par viaduc). Les véhicules passeront trente mètres au dessus de la Scie. "Tout sera fait pour que cet ouvrage d'art se fonde au maximum dans l'environnement" précise-t-on à la DDE.

Trois ronds points giratoires seront également construits à Arques-la-Bataille et Rouxmesnil-Bouteilles, avant le raccordement final de la voie à l'avenue Normandie-Sussex qui conduit au centre ville.