Le
prolongement de la RN 27 enfin relancé

AAu
moins 500 millions de Francs (76 224 508 €) seront nécessaires
à la réalisation du tracé "A"
(ci-dessus)
Si le feuilleton des liaisons maritimes entre Dieppe et l'Angleterre
monopolise l'attention depuis le début de l'année,
le projet de prolongement vers Dieppe de la route nationale
27 suit discrètement son bonhomme de chemin. Ainsi, l'achèvement
de cette liaison routière rapide entre Dieppe et Rouen,
soit une portion de douze kilomètres entre l'échangeur
de Manéhouville et le centre ville de Dieppe, est en
bonne voie. L'avant projet sommaire" est, depuis peu, sur
le bureau du ministre de l'Equipement et des transports. Selon
Pierre Leleu, chef du service Etudes et grands travaux de la
DDE de Seine-Maritime, l'enquête publique pourrait démarrer
l'été prochain.
Le décret d'utilité publique pourrait être
pris en conseil d'Etat en 2003 ou 2004. Si "tout roule"
comme prévu, les premières voitures pourraient
circuler sur ce dernier tronçon à "caractéristiques
autoroutières" d'ici 2006/2007. En attendant, la
longue procédure administrative se poursuit. L'avant
projet sommaire présente et compare une demi-douzaine
de variantes à cette future double voie. Des travaux
d'élargissement sur l'actuelle portion de RN 27 qui traverse
Sauqueville et Saint-Aubin-sur-Scie (la "variante zéro")
est impossible selon la DDE, du fait de l'urbanisation. Dans
ce projet, les ingénieurs de la DDE insistent sur deux
tracés jugés meilleurs que les autres, notamment
le tracé "A", encore modulable dans un fuseau
de 300 mètres de large. Le tracé de rechange "E",
le préféré des agriculteurs, est jugé
largement plus coûteux - car plus long - par la DDE. Le
tracé "A" qui tient la corde contournerait
l'actuelle RN 27 par l'est, via champs et prairies d'une demi-douzaine
de communes dont celles d'Anneville-sur-Scie, Tourville-sur-Arques
ou encore Arques-la-Bataille.
La contestation s'organise
Qui dit "projet de tracé" dit "contestataires".
Ces derniers sont regroupés au sein d'une association
de défense de l'environnement et de l'agriculture, présidée
par Hubert Tesson, un cultivateur de Saint-Nicolas-d'Aliermont
dont la propriété se trouve sur le tracé
A. Ceux qui croyaient somnolente cette association créée
en 1999 seront surpris d'apprendre qu'elle a désormais
pris un avocat "pour suivre au plus près les
suites du dossier", souligne Hubert Tesson, et intervenir
auprès du conseil d'Etat si besoin.
Autre passage sensible, celui du bois d'Ecorchebuf. La
RN 27 longera le mur de l'Arche d'Ecorchebuf, un établissement
qui accueille 22 adultes handicapés. Le directeur Philippe
Carpentier craint énormément les nuisance nocturnes.
Bref, la lutte contre le tracé s'organise elle aussi.
Cependant, on voit mal ces microconflits stopper (peut-être
retarder) l'achèvement de la RN 27. Difficile, en effet,
d'arrêter le progrès.
B. L.
Un
viaduc de 500 m
Le
coût total du tracé "A", le préférentiel,
est évalué par l'Equipement à 500 millions
de Francs (76 224 508 €). Les bandes de bitume serpenteront
dans les champs pour passer à chaque fois"au
plus loin des populations" précise la DDE.
Pierre
Leleu rappelle que le tracé implique bien la construction
d'un viaduc au dessus de la vallée de la Scie et peut-être
même, à plus long terme, d'un deuxième
accolé pour garder quatre voies à la liaison
(deux voies par viaduc). Les véhicules passeront trente
mètres au dessus de la Scie. "Tout sera fait
pour que cet ouvrage d'art se fonde au maximum dans l'environnement"
précise-t-on à la DDE.
Trois
ronds points giratoires seront également construits
à Arques-la-Bataille et Rouxmesnil-Bouteilles, avant
le raccordement final de la voie à l'avenue Normandie-Sussex
qui conduit au centre ville.